Tirs à balles réelles, cris des manifestants, gaz lacrymogènes et un nouveau slogan scandé par les manifestants : "Rajoelina démission !". Dans les rues de Tananarive, une jeunesse désabusée en rupture totale avec le gouvernement voulait faire entendre sa voix. Ce matin, les forces de l’ordre les ont empêchés de manifester.
"Une marche pacifique était prévue. On est sorti de l’université de Tananarive vers 10h. Les étudiants avaient les mains levées, ils nous ont lancé des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes. Tous les étudiants se sont réfugiés à l’université", témoigne un manifestant.
Le dernier bilan fait état d’au moins 6 morts et 86 blessés selon les autorités. Beaucoup portent déjà les traces de la répression. Une étudiante blessée jeudi dernier témoigne. "Ils nous ont lancé une bombe lacrymogène, elle n’était même pas à 1 mètre de moi. Je suis blessée, on m’a tiré dessus".
Dans tous les témoignages recueillis, un constat revient : les autorités frappent violemment sur les manifestants pacifiques, mais disparaissent le soir quand des pilleurs et des casseurs vandalisent la capitale. Une incohérence qui choque et alimente la colère de cette jeune génération. À Marseille, Thibault, étudiant malgache, poursuit son engagement depuis l’étranger. "J’essaie de relayer les informations pour que tout le monde reste en sécurité et se protège".
À Tananarive, comme dans d’autres villes, la Gen Z se lève. Blessée, mais déterminée, elle réclame la fin des coupures d’eau et d’électricité et de la corruption qui gangrène son pays.