Une arrestation sur fond de contestation
Le 6 juin, Steeve Rouyar a été interpellé en pleine contestation à Lomé au Togo. Ce jour-là, des centaines de jeunes ont manifesté contre la hausse de l’électricité et une nouvelle Constitution. Celle-ci autorise Faure Gnassingbé à prolonger son pouvoir sans limites de mandats. Trois jours plus tard, le parquet a évoqué l’arrestation d’un Français parmi la cinquantaine de manifestants appréhendés. Sa famille a appris sa détention sur les réseaux sociaux et a dénoncé des zones d’ombre.
Des accusations très lourdes
Steeve Rouyar, expert-comptable installé au Togo depuis fin 2024, est accusé de troubles à l’ordre public aggravés, rapporte Le Figaro. Il risque jusqu’à cinq ans de prison pour ces faits. Il est aussi poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État, passible de vingt à trente ans de réclusion. Selon une source proche du dossier, il aurait fabriqué des tracts et participé à un rassemblement. Sa famille conteste son implication réelle et affirme ignorer l’étendue de sa participation aux événements de juin.
Un passé militant en Guadeloupe
Avant son installation en Afrique, Rouyar s’était illustré comme militant politique. Il s’est présenté aux législatives de 2017, 2022 et 2024 sous l’étiquette du Nouveau Front populaire, obtenant moins de 1 % des suffrages. Sur les réseaux sociaux, il a régulièrement critiqué Emmanuel Macron et soutenait la cause palestinienne. Il a aussi relayé des messages en faveur des juntes du Mali et du Burkina Faso, hostiles à la présence française. Ses proches affirment qu’il voulait simplement créer un cabinet comptable au Togo.
Une détention jugée inhumaine
Son père dénonce des conditions de détention inhumaines et décrit un fils affaibli et amaigri. Steeve Rouyar serait enfermé sans lumière avec onze codétenus, privé de promenade et dormant à même le sol. Sa famille affirme qu’il reçoit peu de nourriture et que sa santé se dégrade rapidement. Selon son père, sa voix semblait méconnaissable lors de leur dernier échange fin août. Le Quai d’Orsay reste silencieux sur cette affaire. Les autorités togolaises assurent que la procédure respecte l’État de droit.
L’inquiétude grandit autour de son sort
Les proches de Rouyar craignent pour sa santé et redoutent une lourde condamnation. Ils rappellent qu’il n’appartenait à aucun parti d’opposition et voulait simplement contribuer à l’économie locale. Ils appellent les autorités françaises à intervenir pour obtenir sa libération. De leur côté, les autorités togolaises demandent de laisser la justice suivre son cours. L’opposition évoque sept morts durant les manifestations, tandis que le parquet parle de cinq décès par noyade. L’instruction est toujours en cours.