Les autorités sanitaires locales et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) redoutent une aggravation de la situation malgré la disponibilité de vaccins et de traitements.
Un bilan encore provisoire et inquiétant
La République démocratique du Congo est confrontée à une nouvelle crise sanitaire. Selon les renseignements rapportés par 20minutes, le ministère de la Santé congolais, dirigé par Samuel Roger Kamba, a confirmé quinze décès liés à Ebola depuis le 20 août. Le premier cas identifié concerne une femme enceinte de 34 ans admise dans un hôpital du Kasaï. Au total, 28 cas suspects ont été repertoriés dans la province et le taux de mortalité atteint 53,6 %..
La dernière crise sanitaire, en 2021, avait causé six décès. À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle que le taux de mortalité a oscillé entre 25 % et 90 % lors des précédentes flambées. Cette épidémie est la seizième enregistrée dans le pays. Pour l’OMS, qui a envoyé des experts sur place, le nombre de cas pourrait augmenter.
L’OMS en alerte et une riposte organisée
Le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a affirmé la volonté de stopper la propagation du virus rapidement. Des experts de l’organisation travaillent déjà aux côtés des équipes congolaises sur le terrain. Pour répondre à l’urgence, la RDC dispose d’environ 2 000 doses de vaccins déjà stockées à Kinshasa. Ces doses doivent être transportées au Kasaï. Le pays possède également des traitements antiviraux adaptés à cette fièvre hémorragique. Mais la logistique complique la tâche. Le territoire, vaste comme quatre fois la France, souffre d’un manque d’infrastructures et de routes praticables.
Le poids de l’histoire et les défis actuels
Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976, au Zaïre, ancien nom de la RDC. Il existe six souches différentes. Parmi elles, trois ont provoqué de grandes épidémies : Bundibugyo, Soudan et Zaïre. La souche actuelle, celle de Zaïre, est connue pour sa dangerosité mais aussi pour être ciblée par un vaccin efficace.
Entre 2018 et 2020, le pays avait déjà traversé la pire crise épidémique de son histoire avec près de 2 300 morts et 3 500 malades. Aujourd’hui, les autorités sanitaires espèrent limiter les pertes grâce aux moyens médicaux disponibles. Cependant, l’éloignement géographique, la pauvreté et les failles logistiques constituent des obstacles majeurs.
La réapparition d’Ebola dans le Kasaï met en évidence la fragilité sanitaire de la République démocratique du Congo.