Cet épisode malheureux s’est déroulé dans l’État du Niger et illustre les tensions religieuses dans le pays.
Une attaque meurtrière dans l’État du Niger
Selon la police locale, la victime, identifiée comme Amaye, était vendeuse de nourriture et originaire de l’État de Katsina, situé dans le nord-ouest. La femme a été mise à mort par une foule dans la communauté de Kasuwan-Garba, dans le district de Mariga. Plusieurs personnes l’ont « brûlée vive ». Cette attaque collective a eu lieu samedi 30 août 2025 et a été certifiée lundi par le porte-parole de la police, Wasiu Abiodun. Ce dernier a condamné cette « justice populaire » et a appelé les habitants au calme. L’officier tout en annonçant que les recherches se poursuivent pour identifier les agresseurs.
Le cadre juridique et religieux
Dans douze États du Nigeria, majoritairement musulmans, la charia s’applique en parallèle du droit commun. Le blasphème, considéré comme un crime grave, peut théoriquement être puni de la peine capitale. Toutefois, de nombreux cas échappent à toute procédure judiciaire, les accusés étant directement visés par des foules en colère. Cette situation fragilise encore davantage l’équilibre social dans un pays marqué par de fortes divisions confessionnelles.
Des tensions persistantes entre communautés
Avec plus de deux cent vingt millions d’habitants, le Nigeria est partagé à parts presque égales entre musulmans et chrétiens. Les deux communautés ont déjà été victimes de violences liées à des accusations de blasphème. Ces drames nourrissent la méfiance et entretiennent un climat de suspicion. Les organisations de défense des droits humains rappellent régulièrement que ces violences traduisent l’urgence de renforcer l’État de droit afin d’éviter que des conflits religieux ne se transforment en règlements de compte meurtriers.
Source : 20minutes