Une rupture diplomatique inédite
La France a suspendu sa coopération antiterroriste avec le Mali après l’arrestation d’un agent diplomatique français à Bamako en août. Deux diplomates maliens, travaillant à Paris, ont été sommés de quitter le territoire français sous quarante-huit heures. Cette décision marque un tournant dans les relations déjà fragiles entre les deux pays. Paris a dénoncé une atteinte grave au droit international, rapporte Le Figaro. L’agent interpellé, selon les autorités françaises, bénéficiait d’une accréditation officielle. Le ministère des Affaires étrangères exige alors sa libération immédiate. En parallèle, Bamako accuse des puissances étrangères de tenter de déstabiliser ses institutions à travers un réseau d’éléments marginaux.
Des accusations qui attisent les tensions
Le président du Mali, Assimi Goïta, et sa junte ont accusé des États étrangers de fomenter une déstabilisation via certains membres de l’armée malienne. Paris juge ces accusations infondées et réclame le respect des règles diplomatiques. En réaction, Bamako a déclaré persona non grata cinq diplomates français déjà partis du pays. Les autorités françaises ont averti qu’elles pourraient prendre de nouvelles mesures si leur ressortissant n’était pas relâché. Ce bras de fer diplomatique risque de réduire encore plus les échanges sécuritaires bilatéraux.
Un contexte sécuritaire explosif
Depuis 2012, le Mali traverse une grave crise sécuritaire marquée par des violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à État islamique. La junte issue des coups d’État de 2020 et 2021 a progressivement rompu avec ses partenaires occidentaux pour se tourner vers Russie. L’armée malienne collabore désormais avec les mercenaires de Africa Corps, souvent accusés d’exactions contre les civils. Malgré ces tensions, une coopération antiterroriste persistait entre les services français et maliens. La décision française marque donc une rupture majeure dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.
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