Depuis sept ans, en plein centre-ville du Tampon, au cœur de la circulation, un village autonome s’était installé sur le rond-point des Azalées. Des dizaines de cabanes avaient été construites en matériaux de récupération, entre lesquelles plantations et animaux prospéraient.
Véritable village de 5 000 m², ses habitants partagent une vision d’une société plus écolo, plus rurale, plus créole et souvent anti-système. Plus de 25 000 internautes sont abonnés à leur page Facebook « QG Zazalé », et certaines vidéos diffusées sur les réseaux sociaux cumulent jusqu’à 200 000 vues.
Toutefois, cet endroit va céder la place aux travaux de la nouvelle voie urbaine. « Nou ramass la fors po trouv terin instal anou si in gayar projet agro social culturel », expliquent les militants dans leur live Facebook. Ces derniers évitent donc tout affrontement et souhaitent désormais trouver un nouveau terrain pour concrétiser leurs projets. « On part la tête haute. La Région a essayé de nous acheter avec un petit terrain de 3 000 m², mais on veut un terrain d’un hectare », ajoutent-ils.
Les principales figures du rond-point Zazalé ont déjà quitté le site. Ils ont lancé un appel à l’aide pour le démantèlement du rond-point ainsi que pour la récupération des matériaux, en envisageant un système de roulement.
Pour certains, ce démantèlement est bienvenu. En effet, des problèmes d’insalubrité avaient été relevés : poubelles débordantes, vêtements et objets abandonnés, et surtout une véritable déchèterie à ciel ouvert. Il avait été reproché aux autorités d’être inactives face à cette situation. Au fil du temps, les tensions se sont multipliées. Certains militants des Azalées ont même été poursuivis par la justice, notamment pour avoir participé à des rassemblements interdits pendant le confinement.