Dans certaines classes, il manque toujours une présence essentielle : celle des accompagnants d’élèves en situation de handicap. Sur l’île, près de 10 000 enfants sont concernés, mais ils ne sont que 3 200 AESH à leurs côtés. Résultat : près de 9 % d’élèves ne sont pas accompagnés.
Aurore Laurent-Stepler, mère de deux enfants porteurs de handicap, enseignante et présidente de l’association « Enfant autiste 974 : le nouvel écolier », alerte sur les conséquences de ce manque et appelle à mieux former les professeurs.
« Lorsque vous avez un enfant en situation d’autisme, alors son occupation est primordiale, d’ailleurs pour tout type de handicap. Si vous déposez votre enfant le jour de la rentrée auprès d’un professeur qui ne connaît pas le handicap, c’est mettre en situation de difficulté à la fois l’élève et l’enseignant. Dans le cursus de tout enseignant, il devrait avoir des modèles de formation au handicap. À l’heure actuelle, il y a 6 heures de formation sur le handicap, mais ce n’est pas suffisant. »
Le collectif Les enfants invisibles 974 vient de remporter une première victoire devant le tribunal administratif. Cinq élèves auront enfin un accompagnant dès cette semaine. Un groupe de travail est en cours au rectorat, mais selon le collectif, « les copies sont à revoir » en matière d’accompagnement.
Cédric Bourane, porte-parole du collectif, détaille les chiffres du manque de personnel :
« Il manque, au minimum, 212 ETP (équivalent temps plein). Les équivalents temps plein sont des AESH qui sont recrutés sur un temps plein, sur 35 heures. Malheureusement, quand on regarde les contrats des AESH, alors que les AESH ne représentent seulement que entre 15 % et 20 % des nouveaux contrats. Le reste des AESH sont recrutées sur un temps de 12 à 16 heures hebdomadaire. »
Sur le long terme, le constat reste préoccupant. À la sortie du collège, très peu d’élèves en situation de handicap poursuivent leurs études. Pour les associations et les familles, la promesse d’une école réellement inclusive reste encore, pour beaucoup d’enfants, une promesse inachevée.