Ce mercredi matin, la championne Véronique Vatel poursuit son programme habituel, axé sur le travail des dorsaux. Objectif du moment : prendre de la masse.
« Au vu de l’intensité, il faut vraiment augmenter la charge. Il ne faut pas rester dans sa zone de confort, car à un moment donné le muscle s’habitue. J’essaie donc d’aller toujours un peu plus haut, au-delà de mes capacités », explique-t-elle.
Cela fait onze ans que Véronique sculpte son corps, avec patience. En septembre dernier, à Nantes, cette persévérance a porté ses fruits : médaille d’or aux championnats de France et accès au statut d’athlète professionnelle, une première pour une Réunionnaise. « Depuis 11 ans, j’attendais cette médaille d’or. Grâce à elle, j’ai pu obtenir la carte professionnelle. Maintenant, je suis une athlète professionnelle, et non plus une amatrice », confie-t-elle.
Pourtant, malgré ce triomphe, Véronique continue de s’entraîner seule, loin des projecteurs.
« C’est une revanche contre moi-même. J’ai commencé en bas et je suis arrivée en haut », résume-t-elle.
Son entourage souligne sa résilience : « Elle n’a pas été aidée financièrement ni soutenue sportivement. Elle est partie de rien et est devenue professionnelle. Elle représente La Réunion aux championnats du monde, c’est la seule femme réunionnaise à le faire, et c’est formidable », témoigne un proche.
Mais la championne doit encore surmonter un obstacle majeur : le manque de moyens financiers. Qualifiée pour les championnats du monde en Angleterre le 2 novembre dernier, elle n’a pas pu s’y rendre faute de ressources.
Aujourd’hui, Véronique lance un appel aux dons pour continuer à vivre son rêve : celui de devenir l’une des meilleures bodybuildeuses au monde.