Des grappes de letchis à portée de main, des pieds qui débordent sur les routes… difficile de ne pas être tenté. Dans cette cour, un pied de letchi attire particulièrement les voleurs. « Pas plus loin que la semaine dernière, dès que les letchis commencent à changer de couleur, ça attire les plus ou moins jeunes sur les clôtures pour arracher les branches », explique un habitant qui a préféré rester anonyme.
Un geste qui peut coûter très cher et que beaucoup le savent. « C’est vrai qu’il faudrait goûter, mais il vaut mieux acheter ! », déclare un passant.
Pour les producteurs, la période est sensible. Les vergers sont en pleine récolte et souvent peu sécurisés. « L’année dernière, il y a eu des voleurs qui ont été pris la main dans le sac par la police. Il y a eu six interpellations », détaille Lucien Lebon, producteur de letchis à la Ravine des Cabris.
Les letchis ne sont pas les seuls visés. Les palmistes, les poissons ou encore les langoustes sont également pris pour cible. Cette semaine, deux interventions ont permis la saisie de 61 kg de produits de la mer. « On a des langoustes qu’on dit “grainées”. Cela signifie qu’elles portent des œufs. Ce sont des langoustes qui ne pourront pas se reproduire. Autant de petits en moins pour les années à venir. Non seulement cette pratique est impactante, mais elle menace la durabilité de la ressource dans la réserve », explique Isabelle Jurquet, directrice de la réserve marine de La Réunion.
Certains contrevenants ont été appréhendés, d’autres non. Face à cette recrudescence, la préfecture a déclenché une phase de vigilance. « On essaie d’être présent, et on va intensifier les contrôles sur le mois de décembre », précisent les autorités.
Ces dernières rappellent que si vous êtes pris la main dans le sac, l’addition peut être salée : l’amende pour ce type de délit peut atteindre 22 500 euros.