De 2002 à 2022, il aurait abusé de son épouse dans des conditions particulièrement atroces. Cet homme, dans la soixantaine, comparaît ce mardi matin devant les magistrats de la chambre d’instruction afin de déterminer s’il doit poursuivre sa détention dans l’attente de son procès.
« Un rôle d’objet et d’esclave sexuelle »
Le président commence par survoler quelques éléments du dossier, à l’instruction depuis 2022. Le sexagénaire aurait, entre 2016 et 2022, imposé à sa compagne un régime particulièrement sévère : la terreur. Durant ces six années, la conjointe du mis en cause aurait été maintenue en captivité, subissant surveillance constante, interdiction de quitter le cirque de Cilaos, interdiction de travailler ou de pratiquer une activité sportive. Selon le médecin travaillant conjointement avec le parquet, les dires de la victime sont crédibles au regard de son état.
Entendue, la victime décrit un climat violent au quotidien et évoque l’emprise du sexagénaire sur elle. L’expert psychologique parle quant à lui « d’un rôle d’objet et d’esclave sexuelle avec domination » en raison de l’hyper-vulnérabilité de la victime. Plusieurs témoins entendus durant l’enquête confirment l’atmosphère qui régnait au sein du foyer.
« Pas une perversion mais connaître l’anatomie de ce jeune garçon »
La conjointe ne serait pas la seule victime des agissements du sexagénaire. Son petit-fils, mineur de moins de 15 ans au moment des faits, aurait également subi des attouchements et des violences. Selon les éléments de l’enquête, le jeune garçon aurait confié aux enquêteurs des propos attribués à son grand-père : « Ce n’était pas une perversion mais c’est pour connaître l’anatomie de ce jeune garçon ».
Avant de décider de la poursuite ou non de sa détention, les magistrats examinent la personnalité du mis en cause. Ce dernier ne présente aucune mention à son casier judiciaire et, selon les experts, aucun trouble psychiatrique. Néanmoins, il ne manifeste aucune réflexion sur les faits qui lui sont reprochés ni la moindre remise en question. Les experts soulignent en revanche une dangerosité criminologique évidente.
L’avocate générale débute son réquisitoire en rappelant certains propos de la victime, qui aurait décrit des relations sexuelles « dans la chambre de la torture, où elle était sa chose ». Selon le parquet, le risque de pression sur la victime est évident, l’accusé se présentant comme un conjoint et un père parfait.
Pour sa défense, l’avocat de l’intéressé affirme qu’il n’existe aucun risque de récidive ni de soustraction à ses obligations judiciaires.
Pour conclure, l’accusé lâche : « je n’ai jamais levé la main sur madame », sur de lui. Après en avoir délibéré, les magistrats ont décidé de laisser l’intéressé derrière les barreaux.
-LV