L’état des finances publiques françaises continue de susciter des inquiétudes majeures.
Une progression continue de l’endettement
Au deuxième trimestre, la dette publique française a pris des proportions énormes. Elle s’élève désormais à 115,6 % du Produit Intérieur Brut (PIB). En valeur absolue, cela représente plus de 3 400 milliards d’euros, un montant jamais vu. L’Institut national de la statistique a indiqué qu’une hausse de 70,9 milliards d’euros a été enregistrée par rapport au trimestre précédent. À la fin mars, cet endettement était de 113,9 % du PIB, et de 112,1 % au second trimestre de l’année 2024. Pour mémoire, au début du premier mandat d’Emmanuel Macron, le ratio s’établissait à 101,2 % du PIB. Cette progression constante illustre un phénomène durable, déjà observé depuis la crise sanitaire et amplifié par l’inflation.
Les causes d’un déséquilibre persistant
Selon l’Institut national de la statistique, plusieurs facteurs expliquent cette spirale. Les aides massives mises en place pour soutenir l’économie ont pesé lourdement sur les finances publiques. S’ajoutent une baisse des recettes fiscales liée à des réductions d’impôts non compensées et une croissance économique moins vigoureuse qu’espéré. Pour les économistes, le déficit français ne peut plus être considéré comme une simple conséquence des crises : il reflète désormais une fragilité structurelle, renforcée à partir du mouvement des « gilets jaunes ».
Un climat social et politique tendu
Le gouvernement, sans majorité solide, doit présenter son projet de budget 2026 d’ici la mi-octobre. Cette échéance s’annonce complexe, car les partenaires sociaux comme le patronat expriment déjà leur mécontentement. Une intersyndicale a programmé une mobilisation nationale le 2 octobre pour réclamer davantage de justice fiscale. Le 13 octobre, les organisations patronales tiendront à leur tour un rassemblement dénonçant la pression fiscale croissante. Entre la droite, qui accepterait un effort d’environ 35 milliards, et les socialistes, favorables à une réduction autour de 22 milliards, les débats s’annoncent houleux.
La France face à l’Europe et aux marchés
Avec un déficit attendu à 5,4 % du PIB en 2025, la France dépasse largement le seuil européen de 3 % permettant de contenir l’endettement. Elle se classe désormais troisième pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie, mais reste en tête concernant l’ampleur de son déficit. L’agence Fitch a récemment abaissé la note souveraine française, évoquant la fragilité politique et budgétaire du pays. Elle prévoit un endettement pouvant grimper jusqu’à 121 % du PIB d’ici 2027. Cette dynamique est aggravée par la hausse des taux d’intérêt, qui renchérit le coût du financement sur les marchés.
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