Un coup dur pour la crédibilité budgétaire
Vendredi 12 septembre, l’agence de notation Fitch a annoncé la dégradation de la note souveraine de la France. Celle-ci est passée de AA- à A+, avec une perspective stable. Cette décision sanctionne avant tout des finances publiques jugées "très dégradées". Le déficit public attendu en 2025 devrait atteindre 5,4 % du PIB, bien au-dessus du plafond de 3 % fixé par les règles européennes. Dans le même temps, la dette publique française dépasserait 3 300 milliards d’euros, soit près de 114 % du PIB, et pourrait grimper à 121 % en 2027 sans perspective claire de stabilisation. Fitch met aussi en avant l’instabilité politique comme facteur aggravant. La chute du gouvernement lors d’un vote de confiance illustre, selon l’agence, la fragmentation et la polarisation croissantes qui freinent la mise en œuvre de réformes budgétaires d’ampleur.
Réactions et enjeux pour la suite
Plus qu’un ajustement technique, la dégradation de Fitch sonne comme un avertissement. Elle pourrait alourdir le coût de financement de l’État. Plus la dette française paraît risquée, plus les investisseurs exigent des taux d’intérêt élevés pour la financer. Malgré la "solidité" de l’économie vantée par le gouvernement, le ministre de l’Économie démissionnaire a reconnu le poids des déficits et l’incertitude politique. "Je prends acte de la décision de Fitch de changer la note de la France de AA- à A+", a-t-il déclaré. De son côté, le nouveau Premier ministre a entamé des consultations au Parlement pour bâtir un budget capable de rassurer les marchés. La capacité de la classe politique à s’unir autour de réformes budgétaires d’ampleur sera désormais scrutée de près.
Sources : Le Figaro, TF1, BFMTV
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