L’Organe mixte de conception nationale (OMC-NAT), réuni sous la direction du Premier ministre Christian Ntsay (désormais démissionnaire), a dénoncé la mobilisation jugée non autorisée.
Forte mobilisation à Ankatso, les autorités répliquent
L’OMC-NAT a publié une déclaration officielle. Le communiqué dénonce l’action de "certains individus" se présentant comme des étudiants. L’organe sécuritaire a insisté sur le fait que ces mouvements ont « perturbé la vie économique » des habitants.
Pendant cette journée de forte mobilisation, les forces de l’ordre ont procédé à des interpellations. Il a été révélé que les manifestants interpellés étaient en « possession d’armes ». Parmi eux figuraient des civils, mais aussi des élus, indique le communiqué. En parallèle, l’OMC-NAT a remercié les étudiants restés sur le campus, saluant leur retenue. Le gouvernement tente d’apaiser les esprits et demande à la population de garder son calme, éviter la violence et maintenir une activité quotidienne normale.
Ajustement du couvre-feu et appel au dialogue
Pour contenir les tensions, un nouvel horaire de couvre-feu a été établi. Initialement prévu de 19 h à 5 h, il s’applique désormais de 20 h à 4 h du matin. Ce changement, décidé par l’OMC-NAT, est présenté comme une mesure destinée à favoriser un retour progressif à la sérénité. Par ailleurs, l’organe sécuritaire s’est félicité de l’initiative présidentielle visant à ouvrir la porte du dialogue. Le chef de l’État a en effet invité les porteurs de propositions à participer à la concertation nationale. L’accent est mis sur la recherche de solutions par la discussion plutôt que par l’affrontement dans la rue.
Sécurité renforcée et climat de méfiance
Les forces de défense et de sécurité (FDS) poursuivent leurs opérations de maintien de l’ordre. L’État-major mixte opérationnel (Emmo) reste mobilisé pour protéger les activités économiques, les infrastructures essentielles et la sécurité des habitants. Cependant, les critiques demeurent. Le 25 septembre, plusieurs quartiers de la capitale ont été victimes de vastes pillages. Les interventions jugées tardives des forces de sécurité ont suscité des interrogations sur leur efficacité. Ces incidents alimentent un sentiment d’insécurité et accentuent le malaise général.
Une capitale sous tension
La manifestation d’Ankatso symbolise le malaise social qui traverse la ville. La grande affluence démontre une contestation difficile à contenir. En retour, le gouvernement resserre son dispositif sécuritaire et met en avant la concertation comme solution de sortie de crise. Entre démonstrations de force, appels au dialogue et mesures restrictives, Madagascar se trouve aujourd’hui au cœur d’un équilibre fragile. Le couvre-feu, réaménagé de 20 heures à 4 heures, marque l’une des mesures phares de cette stratégie. Mais la persistance des tensions laisse planer l’incertitude sur l’évolution des prochains jours.
Source : Midi Madagasikara