À Mayotte, le malaise grandit au niveau de l’enseignement. Retards de salaire, sous-effectifs et pression budgétaire pèsent sur les personnels.
Une précarité causée par des choix politiques
Dans un communiqué daté du samedi 27 septembre, la CGT décrit une situation critique. « Les choix politiques et les restrictions budgétaires infligées à l’Académie de Mayotte portent un coup terrible au bon fonctionnement de notre service public et mettent des centaines de familles dans une précarité inacceptable », assène le syndicat.
Des agents reçoivent des traitements partiels. D’autres restent sans rémunération pendant un ou deux mois. Les conséquences sont lourdes pour les familles. Le syndicat relie ces difficultés à des restrictions budgétaires et à des équipes réduites.
Un système de paie bloquée
Le passage à la paie intégrée remonte à plus de trois ans. Le rapprochement avec la DGFiP de La Réunion devait moderniser la gestion. Il a, au contraire, multiplié les frictions : dossiers complexes, procédures longues, différences de traitement entre académies. Les renforts d’urgence se succèdent. Ils témoignent, selon la CGT, d’un défaut structurel.
La charge explose avec la gestion des contractuels, qui représentent plus de 60 % du second degré. Les circuits de validation restent lourds. La moindre anomalie bloque la paie. Les services de gestion négocient des acomptes pour éviter des situations intenables. Ce n’est pas leur cœur de mission.
Effets sociaux et enjeux d’attractivité du territoire
La centrale syndicale met en cause une politique de rigueur prolongée. Elle juge ces choix incompatibles avec l’attractivité de Mayotte. Les personnels vivent sous tension. Les élèves et les équipes subissent une rentrée perturbée.
La CGT salue l’engagement des agents administratifs. Certains travaillent sept jours sur sept. Leur dévouement ne suffit plus. Les dysfonctionnements perdurent. Le Rectorat fait face à un turnover élevé. Chaque départ impose de créer de nouveaux dossiers de paie. Le lycée de Kahani, pôle mutualisateur, est cité parmi les structures à renforcer. Le message se veut ferme. L’État doit sécuriser le versement des rémunérations. Et préserver les droits des personnels.
Revendications et calendrier d’action
Le syndicat énumère ses priorités et demande de stopper immédiatement les restrictions budgétaires. Il exige le renforcement urgent et durable des équipes dédiées à la paie. Sont concernés le Rectorat, le service mutualisateur du lycée de Kahani, et la DGFiP.
Une autre exigence est la mise en place d’un plan d’urgence. Ce plan doit garantir le versement de 100 % des traitements à date fixe. Il faut mettre fin au recours systématique et humiliant aux acomptes. La CGT appelle donc à la grève et à une manifestation le 2 octobre prochain. Le syndicat réclame le respect de leur travail et le droit à une paie intégrale et ponctuelle.
Source : Journal de Mayotte