Ces circonstances mettraient directement en péril les tortues marines, déjà fragilisées par le braconnage et la dégradation de leurs habitats. L’association met en exergue également la souffrance animale que vivent ces chiens abandonnés, souvent affamés, maltraités ou livrés à eux-mêmes.
Des attaques régulières sur les sites de ponte
Chaque nuit, sur les plages de Moya, Charifou et d’autres sites de ponte, les chiens errants déterrent les nids et attaquent les tortues venues pondre. Les constats sont documentés et répétés : mutilations, œufs détruits, cycles de reproduction interrompus. Ces espèces emblématiques, comme la tortue verte et la tortue imbriquée, sont classées respectivement « en danger » et « en danger critique d’extinction » au niveau mondial. Mayotte constitue l’un de leurs principaux sites de reproduction dans l’océan Indien. Le collectif prévient : "à ce rythme, l’équilibre écologique de l’île est sérieusement menacé".
Une inaction institutionnelle pointée du doigt
Le collectif déplore l’absence de réponse à un premier courrier envoyé le 21 juillet 2025. Il rappelle que Mayotte est le seul département français dépourvu de fourrière. Sans structure pour recueillir, stériliser et proposer à l’adoption les chiens errants, aucune régulation durable n’est possible. L’association L’Arche d’Hélios, qui mène depuis plusieurs années des actions de sauvetage, de stérilisation et de vaccination, soutient cet appel. Elle insiste sur la nécessité d’un plan concret : création d’une fourrière départementale, campagnes régulières de stérilisation et d’adoption, actions de sensibilisation du public et lutte contre l’abandon.
Des obligations légales à respecter
La législation française interdit strictement la capture, le dérangement et la destruction des œufs de tortues marines. L’article L415-3 du Code de l’environnement prévoit jusqu’à un an de prison et 15 000 € d’amende pour ces infractions. Des mesures locales, comme le Pacte pour la protection des tortues marines, renforcent ce dispositif. L’État a l’obligation d’appliquer ces lois, de protéger les zones de ponte et de coordonner des actions de sensibilisation. Le collectif appelle donc à une mobilisation rapide et ferme des pouvoirs publics pour sauver à la fois les tortues et les chiens errants.
Source : Journal de Mayotte