Le département du Cauca est redevenu un lieu d’affrontements entre l’armée et les organisations criminelles.
Une opération militaire entravée
Selon l’armée en Colombie, soixante-douze soldats ont été victimes d’un enlèvement lors d’une mission menée dans le canyon du Micay. Cette zone est connue pour la production de cocaïne et l’exploitation minière illégale. L’intervention visait à reprendre le contrôle des routes empruntées par les trafiquants. Mais environ six cents personnes ont encerclé les militaires, empêchant leur progression. L’état-major central (EMC), une branche dissidente des anciennes FARC dirigée par Ivan Mordisco, est soupçonné d’avoir orchestré l’opération.
Dans un communiqué, les forces armées ont informé le peuple sur l’« extraction » de vingt-sept militaires. Quarante-cinq autres restent privés de liberté. Les forces armées assurent maintenir une présence dans la région et poursuivent les actions pour rétablir l’ordre. Une source militaire a précisé que la capture s’était produite dans l’après-midi de dimanche.
L’appel du président Petro
Le président Gustavo Petro a réagi rapidement sur les réseaux sociaux. Il s’est directement adressé aux assaillants : « Libérez les soldats, ils pourraient être vos fils ». Le dirigeant colombien appelle à la solidarité nationale. Le chef de l’État a rappelé que « les enfants de Colombie doivent s’embrasser et survivre à leurs parents ».
Depuis son arrivée au pouvoir, le président de gauche a lancé une offensive destinée à reprendre le contrôle du Cauca. Mais cette stratégie se heurte à une forte résistance locale, alimentée par la présence des narcotrafiquants et des groupes armés.
Une crise sécuritaire récurrente
La prise d’otages de militaires n’est pas un phénomène isolé. En juin 2025, cinquante-sept soldats avaient déjà été retenus dans la même région, avant d’être libérés par une intervention militaire. Fin août, trente-trois soldats avaient été séquestrés dans le département du Guaviare pendant trois jours. Deux attaques attribuées à des groupes armés avaient également coûté la vie à dix-huit personnes le 21 août.
Ces événements illustrent l’ampleur du défi sécuritaire auquel la Colombie est confrontée. Entre narcotrafic, dissidences armées et population prise en étau, le gouvernement cherche à réaffirmer son autorité. Mais la libération partielle des otages rappelle la fragilité de la situation et l’urgence d’une réponse durable.
Source : RFI