Ces rassemblements, qui ont eu lieu dans les principales villes du pays, surviennent juste avant un verdict historique de la Cour suprême.
Un procès aux enjeux majeurs
L’ex-président est jugé pour avoir orchestré une tentative de coup d’État en 2022. Jair Bolsonaro, 69 ans, comparaît aux côtés de sept co-accusés. Ils sont accusés d’avoir essayé d’empêcher la passation du pouvoir à Luiz Inacio Lula da Silva. Il avait gagné les suffrages en octobre 2022 dépassant de peu le candidat d’extrême droite. L’ex-chef de l’État encourt jusqu’à quarante-trois ans de prison. Depuis août, il vit sous assignation à résidence, une mesure décidée dans l’attente du jugement. Le verdict sera rendu d’ici le 12 septembre.
Les accusations portent sur une stratégie visant à maintenir l’ancien dirigeant brésilien au pouvoir malgré sa défaite électorale. Selon le parquet, l’ancien président aurait alimenté un climat propice à un renversement institutionnel. Cette affaire cristallise les divisions d’un pays encore marqué par les violences du 8 janvier 2023, lorsque les institutions de Brasilia avaient été prises d’assaut.
Mobilisation populaire dans les grandes villes
À São Paulo et Rio de Janeiro, les foules étaient impressionnantes : environ 42 000 manifestants dans chacune des deux métropoles, selon le Political Debate Monitor de l’Université de São Paulo. L’avenue Paulista, au cœur de São Paulo, a accueilli la mobilisation la plus suivie. L’événement s’est déroulé grâce à l’initiative de Silas Malafaia, pasteur évangélique ultraconservateur. Michelle Bolsonaro, épouse de l’ancien président, a également pris la parole.
Les manifestants, habillés de vert et de jaune, ont défilé avec des pancartes hostiles aux magistrats de la Cour suprême. Plusieurs réclamaient une amnistie générale. Les slogans insistaient sur une prétendue injustice envers l’ancien dirigeant et ses partisans. Cette atmosphère militante a renforcé la pression sur les institutions judiciaires.
Une bataille politique autour de l’amnistie
Au Parlement, les alliés de Jair Bolsonaro défendent un projet de loi visant à amnistier plus de 600 condamnés pour leur participation aux émeutes de janvier 2023. Ce jour-là, des milliers de sympathisants avaient envahi le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel, exigeant l’intervention de l’armée contre Lula, fraîchement investi.
Le président brésilien en exercice, âgé de 79 ans, a quant à lui dirigé le défilé officiel de la fête de l’Indépendance à Brasilia, sous le slogan « Brésil souverain ». Lula a averti que l’amnistie représenterait un risque majeur si elle était soumise au vote parlementaire. Selon lui, l’extrême droite conserve un poids considérable au sein du Congrès.
Source : Franceinfo