Des bilans humains lourds
Samedi 30 août, malgré une météo défavorable, plusieurs centaines de Sénégalais ont manifesté dans la capitale. Sur l’avenue principale, des slogans ont été scandés pour réclamer vérité et responsabilité. Certains portaient le drapeau national, tandis que d’autres brandissaient des pancartes qui dénonçaient le silence et l’oubli.
Selon un collectif de journalistes et chercheurs, 65 personnes ont été tuées durant ces manifestations. La majorité, jeunes, a été tuée par balles. Les mêmes sources rapportent aussi des centaines de blessés et des détentions dans des conditions traumatisantes. Certains membres des nouvelles autorités estiment que le bilan pourrait dépasser 80 morts.
Une enquête promise
Selon les informations relayées par Le Figaro, le ministère de la Justice a récemment annoncé l’ouverture d’investigations. Mais plusieurs familles de victimes estiment que les procédures avancent trop lentement. Des pressions grandissent également au sein de la nouvelle majorité. Les proches des disparus rappellent que la reconnaissance officielle et la sanction des responsables sont indispensables pour tourner la page.
Le poids d’un passé encore sensible
Entre 2021 et 2024, le Sénégal a connu une succession de mobilisations populaires, souvent réprimées par les forces de sécurité. L’ancien président Macky Sall, en poste jusqu’en 2024, avait tenté d’apaiser les tensions par une loi d’amnistie. Celle-ci a été adoptée en mars 2024, mais jugée insuffisante par nombre de citoyens. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs estimé, un mois plus tard, que les crimes présumés restaient imprescriptibles.
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