Des données transmises avant le consentement
L’ONG AI Forensics a publié un rapport qui affirme qu’AgeGo envoie automatiquement certaines données sensibles. Avant même que l’internaute n’accepte la politique de confidentialité, le service reçoit l’adresse du site et la vidéo exacte tentée d’accès. Cette pratique contrevient aux engagements de double anonymat censés protéger les utilisateurs.
Des selfies hébergés chez Amazon
Autre révélation : les selfies utilisés pour vérifier l’âge ne passent pas par les serveurs d’AgeGo. Selon les informations publiées par le site 20minutes.fr, ils sont directement transférés vers les algorithmes d’Amazon Web Services (AWS). Or, cette information n’apparaît pas dans la politique de confidentialité du service. Pour Paul Bouchaud, expert associé au rapport, ce procédé constitue une tromperie vis-à-vis des utilisateurs et enfreint les standards fixés par l’Arcom.
La CNIL et l’Arcom saisies du dossier
Si AgeGo conserve ces données, une fuite pourrait associer identité et contenus visionnés, ce qui représenterait un risque majeur. Ainsi, aucune preuve ne permet de confirmer ou d’infirmer ce stockage. Toutefois, AI Forensics a alerté la CNIL et l’Arcom, qui examinent désormais le dossier.
Une solution loin d’être infaillible
Interrogée, la société AgeGo n’a pas répondu aux sollicitations. En attendant, ce rapport nourrit les doutes d’internautes déjà sceptiques sur ces méthodes de contrôle. Pour beaucoup, l’usage d’un VPN reste une alternative facile pour contourner les restrictions. Comme le rappelle une chercheuse citée dans l’étude, il n’existe pas de "solution infaillible", et les bénéfices paraissent parfois très incertains.