Mélodie conserve depuis plusieurs mois avec téléphone fissuré sans connaître les dangers. « J’avais un peu peur que les bouts de fissures rentrent dans mes doigts, donc j’ai mis une coque pour le protéger, mais maintenant que je sais que c’est toxique, je pense que je vais devoir faire plus attention », confie-t-elle. Une passante renchérit : « Maintenant que je le sais, effectivement, je vais être beaucoup plus vigilante. »
Le problème vient du cadmium, un métal qui se libère en petites quantités à travers les fissures. Même les coques ou les verres trempés ne suffisent pas à protéger entièrement les utilisateurs. Dans une entreprise de réparation de téléphones, les précautions sont de rigueur. « On fait attention à ça, surtout avec les écrans cassés, que ce soit les tablettes ou les téléphones. On utilise des gants pour éviter le contact dès qu’un appareil arrive en magasin », explique Geciane Cardoso, réparatrice de téléphones.
Le cadmium agit comme un perturbateur endocrinien et peut provoquer des dérèglements hormonaux entraînant des conséquences sérieuses sur la santé : baisse de la fertilité, augmentation du risque de cancer ou maladies comme l’obésité ou le diabète. Réparer un écran coûte en moyenne 120 euros. Avec près de 140 000 écrans qui se cassent chaque jour, l’enjeu sanitaire et économique est loin d’être négligeable.