Le Sydne, syndicat en charge de la gestion des déchets, a confirmé la localisation du futur centre d’enfouissement de déchets ultimes sur une parcelle agricole de 20 hectares à Sainte-Marie.
Ces terres appartiennent à la famille Barau, exploitante de canne à sucre depuis plusieurs générations. Une annonce difficile à accepter pour la famille, qui dit avoir été tenue à l’écart des discussions.
"On se battra jusqu’à la dernière minute pour empêcher ce projet. C’est une décision ferme et familiale", réagit Magali Barau.
"On va nous prendre le cœur de l’exploitation, qui fait tout tourner. On a beaucoup de mal à se positionner sur le futur", indique Antoine Barau.
Le Sydne assure pourtant avoir engagé un dialogue avec la famille propriétaire. Une étude des sols a été menée en février, puis une première phase de négociation à l’amiable a été ouverte en août.
"Au mois d’octobre nous avons écrit à la famille Barau pour prévenir qu’on allait rentrer dans la phase d’expropriation. Avec l’arrêté préfectoral, on a pu faire les études préalables qui donnent des résultats très satisfaisants pour la mise en œuvre de cette installation à Beaufonds Sainte-Marie", explique Daniel Alamelou, Président du SYDNE.
Dans le monde agricole, la décision suscite des inquiétudes. Le syndicat de la canne à sucre redoute une perte supplémentaire pour la filière. "On vient de sortir des états généraux en disant qu’il faut protéger les terres et aujourd’hui on perd 20 hectares, avec l’extension ça va arriver à 60 hectares. On ne peut pas accepter ça", déclare Stéphane Sarnon, Président de la FDSEA.
Côté politique, plusieurs élus de la région et de la commune, actuellement en campagne pour les prochaines élections municipales, s’opposent également au projet. Ils estiment que d’autres terrains pourraient être utilisés.
"Sur ce site de Beaufonds, il y a une belle forêt qui a été valorisée et une biodiversité importante qu’on vient remettre en cause aujourd’hui", réagit Richard Nirlo, maire de Sainte-Marie.
"On peut le faire à un autre endroit. On préservera la question de la gestion des déchets, mais on préservera surtout les meilleures terres à cannes qu’il y a à Sainte-Marie et au niveau de La Réunion", estime Céline Sitouze, vice-présidente de la Région Réunion
Une enquête publique est prévue au second semestre de l’année prochaine. Elle permettra aux habitants de s’exprimer avant la décision finale.