Maurice Gironcel est condamné à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, partielle. Il continue d’assumer ses différents rôle de maire jusqu’à la fin de son mandat. A cela s’ajoutent une peine de 5 ans de prison dont 2 ans non aménageables et 3 ans avec sursis. Au vu de son âge avancé, son avocat doit faire le nécessaire pour que cela soit aménageable.
Le tribunal reconnaît son implication à 50 % dans cette affaire. Il est aussi condamné à 60 000 euros d’amende avec une privation de droit.
Il doit aussi verser 5000 euros au Sidelec.
Le parquet national financier avait requis une peine de 5 ans de prison ferme, 60 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
Par ailleurs, le tribunal a retenu l’état de l’ensemble des faits reprochés.
Son avocat compte faire appel de la décision.
Maurice Gironcel a réagi dans un communiqué :
Je prends acte et je conteste la décision rendue ce 25 septembre 2025. Mes conseils ont déjà interjeté appel. En effet, je tiens à rappeler que cette décision rendue en 1 ère instance, assortie d’une exécution provisoire partielle, n’est pas définitive et ne présume en rien pour l’avenir. Je continue donc à assumer pleinement mes mandats de Maire de Sainte-Suzanne, Président de la CINOR et Président du Sidélec. Je veux dire avec force à la population de Sainte-Suzanne, aux habitants du Nord et à l’ensemble des Réunionnaises et Réunionnais que rien ne changera dans mon engagement. Avec mes équipes, nous restons mobilisés pour assurer la continuité des services publics, poursuivre les projets engagés et défendre la dignité et l’avenir de notre territoire. Militant du Parti Communiste Réunionnais, je n’ai jamais baissé les bras et reste résolument tourné vers l’avenir. Avec détermination, je continue à servir Sainte-Suzanne, le Nord et La Réunion. Le combat continue !"
Rappel des faits
L’affaire concerne des affaires d’électrification rurale pilotée par le Sidelec. 23 communes de l’île lui ont confié la compétence à l’exception du Tampon. Ces marchés portent sur le renforcement du réseau, d’extension et parfois d’enfouissement. En mars 2021, un accord cadre est lancé et prévoit 4 ans de travaux. Dès examen des offres, des anomalies apparaissent.
La plupart dépasse largement les estimations parfois de plus de 50 %. L’appel d’offres est annulé quelques mois plus tard. En mars 2022 les 9 lots sont relancés en 2 séquences : 4 lots d’abord puis les 4 autres. Les mêmes anomalies se répètent les prix proposés restent largement supérieures aux estimatifs. Certains candidats se retirent. En juin 2022 le marché est de nouveau interrompu l’enquête révèle ainsi un système d’entente entre plusieurs entreprises du BTP. Elles se répartissent les lots avant même la procédure officielle.
Certaines déposent des offres volontairement trop chères d’autres renoncent pour laisser la place aux concurrents désignés. Des éléments matériels confirment ces pratiques.
Des SMS entre dirigeants et des rendez-vous préparatoires et des auditions qui évoquent l’organisation de ces attributions, récupérées par la gendarmerie. Le directeur général du Sidelec, Yves Gigant admet l’existence de discussion entre entreprises, tout en niant toute corruption personnelle. Le président du syndicat, Maurice Gironcel est soupçonné d’avoir laissé faire voire faciliter le système.
Plusieurs sociétés sont citées dans le dossier : Testoni Réunion, Bourbon Lumière, E2R, Secab et le bureau d’étude Réunir.
Les 5 ont déjà vu leur culpabilité reconnue dans une procédure distincte avec des amendes et des exclusions temporaires des marchés publics.
Au total, ce sont plusieurs millions d’euros de travaux qui ont été concernés. Un dispositif qualifié d’entente structurée mêlant élus, cadres administratifs et entreprises privées. Un système qui a fossé la commande publique.