Le communiqué de La Région :
Le recrutement du nouveau directeur du Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA) a suscité des interrogations qui appellent des précisions de la part de la Région Réunion.
Ce recrutement a été organisé en conformité avec les statuts de l’association PRMA. Le jury était constitué de cinq représentants qui disposaient chacun d’une voix lors du vote pour la désignation finale du candidat retenu :
- le président de l’association PRMA
- le secrétaire de l’association PRMA
- le trésorier de l’association PRMA
- l’État
- la Région Réunion
La collectivité régionale, qui ne représente qu’une voix sur cinq, a soutenu Stéphane Grondin, l’un des deux candidats finalistes. Or, la majorité des voix, soit 3 contre 2, s’est portée sur l’autre candidature. La Région Réunion ne peut que prendre acte du résultat du vote effectué au sein de l’association indépendante qu’est le PRMA.
Le communiqué de Jean-Hugues Ratenon, député :
La nomination récente d’un directeur venu de France Hexagonale à la tête du Pôle régional des musiques actuelles (PRMA) pose une question légitime : comment expliquer que, pour faire rayonner la musique réunionnaise, on ait écarté celles et ceux qui en sont les héritiers naturels, qui ont grandi avec ses rythmes et en portent la mémoire ?
Il ne s’agit pas d’attaquer la personne recrutée, ni de désigner des coupables. Le problème est plus profond. Il révèle un système bien ancré : une préférence métropolitaine qui perdure à La Réunion dans de nombreux secteurs, y compris dans la culture. Or, c’est justement dans ce domaine que la transmission des racines et des souvenirs est essentielle.
Qui mieux qu’un enfant du pays peut être l’ambassadeur de ce patrimoine vivant ? Qui mieux qu’une Réunionnaise ou qu’un Réunionnais peut ressentir, exprimer et partager les vibrations d’une histoire marquée par la douleur de l’esclavage, mais aussi par la résilience, la créativité et la fierté d’un peuple ?
Nous pensons qu’il est temps d’adopter une orientation claire : la priorité d’emploi pour les locaux. Non pas pour rejeter les autres, mais pour reconnaître les richesses et les compétences déjà présentes chez nous. À compétences égales, nous devons donner la priorité à celles et ceux qui sont nés et qui ont grandi ici, et qui souhaitent mettre leur savoir-faire au service de leur territoire.
Le problème n’est pas qu’un cadre métropolitain vienne travailler à La Réunion. Le problème, c’est l’exclusion silencieuse et répétée de talents réunionnais compétents, à qui l’on refuse la possibilité de contribuer au développement de leur île. Le message envoyé est alors terrible : on valorise ailleurs ce que l’on dévalorise ici.
La préférence régionale n’est pas seulement une mesure sociale ou économique, c’est un geste politique et culturel. Cela signifie : « Nous croyons en nos enfants, en leurs talents, en leur capacité à incarner et à transmettre ce que nous sommes. »
La culture réunionnaise ne peut pas être gérée comme une simple marchandise. C’est une flamme, nourrie par la mémoire et la transmission, qui doit être portée par celles et ceux qui l’ont reçue en héritage. Reconnaître cela, c’est construire un avenir qui nous ressemble.