Plus de 45 mules arrêtées depuis le début de l’année. C’est le chiffre qui témoigne de l’ampleur du phénomène à La Réunion. La semaine dernière encore, trois nouveaux passeurs ont été interceptés en seulement 48 heures. Jeudi, un ressortissant britannique arrivant de Thaïlande est arrêté à l’aéroport. Dans ses valises : 15 kilos de cannabis, probablement destinés à la revente locale.
Le lendemain, c’est un couple qui est intercepté à son tour, cette fois avec plus de 20 kilos de résine. Deux affaires qui illustrent la montée en puissance d’un trafic de plus en plus structuré et de plus en plus international.
Derrière ces mules, c’est toute une organisation régionale du narcotrafic qui apparaît : Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles et désormais la Thaïlande, devenue un point d’origine récurrent.
Depuis janvier 2023, près de sept tonnes de drogue ont été saisies dans l’océan Indien. Des saisies de plus en plus nombreuses dues à des contrôles intensifiés ces derniers mois.
Pour la justice réunionnaise, déjà sous pression, ces dossiers représentent une charge supplémentaire importante. La présidente du tribunal judiciaire de Saint-Denis alerte : le flux d’affaires liées aux stupéfiants ne cesse d’augmenter. "Il y a effectivement une importante augmentation des saisines en matière de stupéfiants. Ce type d’infraction explose depuis 18 mois à peu près et engorge considérablement : soit les audiences de comparution immédiate, mais on arrive à gérer. Soit les dossiers d’instructions", explique Emmanuelle Wacongne, présidente du tribunal judiciaire de Saint-Denis.
Selon nos informations, l’État devrait faire des annonces dans les jours à venir face à une menace qui continue de s’étendre dans toute la zone. Service de l’état et acteurs de la société civile sont appelés à mutualiser leurs efforts pour lutter contre le narcotrafic.
Le préfet de La Réunion en fait une priorité absolue : il rappelle la vigilance de tous les instants des forces de sécurité intérieure pour préserver la tranquillité des réunionnais.