À Sainte-Clotilde, le rideau était donc baissé chez Mr. Bricolage. L’enseigne ne peut plus ouvrir le dimanche matin, en vertu d’un arrêté préfectoral datant de 1966.
Pendant ce temps, à Duparc Sainte-Marie, le Leroy Merlin local accueillait de nombreux clients, dont plusieurs Dionysiens contraints de se rendre là faute d’un magasin ouvert dans leur commune. « Mr. Bricolage était à côté de chez moi, du coup je suis obligé de venir ici », confie un client.
Pour beaucoup, le dimanche matin est le seul moment pour s’occuper de la maison. D’autres estiment que le repos dominical doit être préservé : « Il y a des salariés qui travaillent le dimanche, mais ils méritent de se reposer. Il faut trouver un juste milieu », souligne un habitant.
La Cour de cassation a confirmé la règle vieille de 60 ans : à Saint-Denis, les commerces non-alimentaires doivent rester fermés toute la journée. « Cet arrêté préfectoral, et l’accord collectif qui l’accompagne, prévoit la fermeture du dimanche pour le secteur non-alimentaire. Dans les autres communes, les magasins de bricolage peuvent ouvrir le matin mais doivent fermer entre le dimanche midi et le lundi midi », explique Me Vincent Richard Delisle, avocat de la CGTR Commerce et Services.
Des négociations entre le MEDEF et la CGTR avaient tenté d’assouplir cette réglementation, mais elles ont échoué. Le patronat souhaitait repousser la fermeture à 13h, tandis que les syndicats réclamaient 12h30. « On est resté bloqué sur une demi-heure, ce qui est désolant dans un combat aussi long et important pour la société et les consommateurs », regrette Georges Caro, secrétaire général de la CGTR Commerce et Services.
Deux enseignes, deux communes, deux règles. Ce paradoxe relance le débat sur le travail du dimanche à La Réunion, entre tradition sociale et réalité économique en constante évolution.