C’est au son des tambours que le site de la Grande Chaloupe s’est animé ce matin. En 1860, les premiers engagés arrivaient sur l’île dans l’espoir d’un avenir meilleur. Leur souffrance n’est pas oubliée : leurs descendants leur rendent aujourd’hui hommage. « C’est important car il faut nourrir la mémoire des engagés, il ne faut pas oublier ce qu’ils ont fait pour nous. C’est grâce à eux tous que nous sommes là ici. Ce sont des personnes qui ont beaucoup souffert aussi donc il ne faut pas oublier ça », confie un fidèle.
Parmi eux, Antoine Souceligom Sadeyen, petit-fils de Palany Sadeyen, arrivé en 1881 à La Réunion pour travailler dans les champs. Il a choisi de raconter symboliquement l’histoire de son ancêtre à travers un ouvrage. « J’avais ce sentiment qu’il fallait absolument que je réalise ce devoir de mémoire, de lui rendre hommage. Lui a vécu avec ses bras, on est venu le chercher pour qu’il vienne travailler dans les champs. Il n’y avait pas autre chose, il ne demandait rien du tout. Moi, c’est un grand hommage que je lui rends à travers cet écrit. Je me mets dans sa peau. J’ai rencontré des gens, j’ai lu, je me suis informé sur l’engagiste. C’est donc tout son itinéraire qui se retrouve dans ce livre », explique-t-il.
Si l’hommage aux engagés indiens se déroule habituellement en novembre, la cérémonie a eu lieu cette année le 14 septembre, en accord avec le calendrier religieux. « Dans le calendrier hindou, aujourd’hui est consacré à la mémoire de nos anciens, à la mémoire de nos aïeux. Il ne faut pas que l’on tienne compte du calendrier des puissances coloniales, l’Angleterre ou la France. Dans notre culture, nous avons un calendrier, et une journée spécifique pour la mémoire de nos anciens. Ça peut varier d’année en année mais cette année c’est le 14 septembre », rappelle Selvam Chanemougame, président de l’association Tamij Sangam.
Au-delà du recueillement, cette journée rappelle combien la période de l’engagisme constitue un pilier de l’histoire réunionnaise. Un héritage que la communauté entend continuer à faire vivre, pour perpétuer la mémoire des engagés.