La pluie au sein même de l’appartement, des écoulements qui provoquent d’importantes moisissures. Les locataires sont à bout. Anne Marie a 91 ans, elle habite son appartement depuis des décennies. Cinq ans que la situation se dégrade, la moisissure rend l’air presque irrespirable. "Quand il y a la pluie surtout c’est compliqué", raconte la locataire.
Dans un courrier de la société d’immobilier de la Réunion adressé aux locataires de l’immeuble, les dégâts seraient dus à une fuite du ballon d’eau situé sur le toit. "Nous vous invitons à déclarer rapidement tout dégât éventuel auprès de votre compagnie d’assurance". Contactées par le locataire, les assurances sont prêtes à rembourser les dégâts de l’appartement à condition que la SIDR restaure définitivement le ballon d’eau. Annoncé comme réparé, la SIDR nous affirme pourtant que le matériel de réparation est en commande. Une situation dénoncée par l’agence départementale d’information sur le logement. Plusieurs logements sont touchés par les moisissures et les fuites d’eau.
"On est dans la salle de bain, depuis un an il n’y a pas de lumière, il y a de l’eau dans le hublot et on ne sait pas ce qu’il se passe. La locataire n’habite plus le logement depuis plus de deux ans", détaille Juliette Turpin, représentante de l’agence départementale d’information sur le logement.
la locataire du logement ne souhaite pas s’exprimer devant notre caméra elle explique avoir saisi son avocat. Selon elle, la SIDR laisse son appartement périr dans la moisissure elle paye 300 euros par mois en comptant l’aide au logement. De son côté l’agence immobilière réagit sur le sujet :
"La SIDR a constaté des infiltrations dans les logements du Moufia, principalement liées aux équipements d’eau chaude solaire, parmi les premiers dispositifs collectifs installés sur l’île. Ces fuites ont endommagé l’étanchéité des toitures. Afin de limiter les dégâts, certains ballons solaires ont été vidés et des réparations ponctuelles sont réalisées en urgence. La reprise des peintures dans les logements sera faite dans les meilleurs délais.
Une réhabilitation globale du bâtiment est prévue, avec des études techniques et un diagnostic social actuellement en cours. Les travaux, programmés pour 2027, incluront notamment : amélioration de l’accessibilité seniors dans les salles de bain, confort thermique et énergétique, pose de volets, réfection de l’étanchéité, installation de brasseurs d’air, remplacement du système d’eau chaude solaire.
Sur la question de l’augmentation des loyers, les bailleurs sociaux ne fixent pas librement les hausses de loyers : celles-ci sont strictement encadrées par l’Indice de Référence des Loyers (IRL), fixé par l’Etat et indexé sur l’inflation. L’IRL reflète l’évolution du coût de la vie et constitue la base légale pour la révision annuelle des loyers.
Pour rappel sur les dernières années : en 2023 et 2024, le Gouvernement avait instauré un plafonnement des loyers à 2,5 % dans les territoires ultramarins ; pour l’année 2025 la SIDR a volontairement limité l’augmentation des loyers à 2,5 %, bien que l’IRL était fixé à 3,26 %. Ce choix responsable visait à préserver le pouvoir d’achat des locataires, dans un contexte de ralentissement de l’inflation. Pour 2026, l’augmentation des loyers est prévue à 1,04 %. Comme chaque année, le taux est fixé par l’Etat sur la base de l’IRL du 3ᵉ trimestre de l’année précédente. Pour la SIDR, le loyer moyen dans le parc social est de 426 euros avec un reste à charge moyen de 200 euros après déduction de l’allocation logement. Les augmentations de loyer pour 2026 auront donc un impact de 2€/mois en moyenne. Ce cadre réglementaire d’augmentation des loyers pour les bailleurs sociaux permet de protéger les locataires tout en assurant aux bailleurs les ressources nécessaires pour :
- entretenir et réhabiliter le parc social,
- développer une offre nouvelle de logements pour répondre aux besoins des Réunionnais,
- faire face à la hausse des coûts, notamment liée à l’inflation que les bailleurs subissent également (énergie, matériaux, maintenance…).
Enfin, il est essentiel de rappeler que les aides au logement sont elles-mêmes indexées sur l’inflation, ce qui contribue à maintenir un reste à vivre stable pour les familles."
La DEAL demande une suspension de la revalorisation annuelle du loyer ayant atteint 2.5 % en janvier 2025. Sa suspension n’est pas prévue prévient la SIDR et affirme qu’en 2026 la revalorisation s’élèvera à 1.04 %.