Cette année les pommes de terre réunionnaise ont poussé en abondance grâce à des semences de qualité et une météo favorable. Problème : la demande ne suit pas malgré un prix attractif, entre 70 centimes à 1 euro le kilo. Une partie de la production reste à même le sol et finit par pourrir.
Pour Jean Camille Lebon, Agriculteur : "Cette année est une année noire pour les pommes de terre. Cette année la plupart des producteurs SICA ne finiront pas leurs récoltes. On est déjà au mois d’octobre, le mois de novembre arrive la semaine prochaine et l’année est finie. Quand les pommes de terre ont de la pluie, les herbes rentrent dedans et pourrissent "
Ce constat est partagé par de nombreux producteurs à travers l’île, certains estiment déjà leurs pertes à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
"Voir nos plantations rester en terre, pas pouvoir récolter, qu’est-ce qu’on peut faire de mieux ? Donc on ne peut rien faire malheureusement. Il y a un manque à gagner à 70 voire 80 tonnes ça crée facilement 50 à 60 000 euros de pertes", nous dit Bruno Gruchet.
Le manque de stockage aggrave la situation. L’île produit environ 4 000 tonnes chaque année. Les infrastructures existantes de la coopératives SICA Terre Réunionnaise regroupant près de 30 producteurs de pomme de terre ne permettent pas d’absorber les volumes de cette saison et alerte sur les conséquences pour les autres productions locales à venir.
Selon Bernard Lebeau, directeur de la coopérative SICA Terre Réunionnaise "On a nous au sein de notre coopérative et avec notre opérateur, une capacité de stockage limité, 150 tonnes. Avec la production que nous avons cette année, il faudrait une capacité de stockage a minima de 2000 tonnes. Au lendemain de la récolte de pomme de terre, c’est le cycle normal de production chez nos adhérents, ils doivent mettre en place d’autres cultures. Ces cultures ne sont pas mises en place aujourd’hui, donc au mois de décembre-janvier, au moment où on s’attend à une certaine production, ces productions ne sont pas présentes et vont générer je pense un manque sur le marché".
Une situation inédite pour la filière qui demande désormais un plan d’urgence pour valoriser la production locale et éviter que les prochaines récoltes ne subissent le même sort.