Des camions en marche arrière, les sites du BTP au ralenti, dès l’aube des barrages filtrants sont en place au Port. "Nous sommes vraiment remontés, les prix du transport à La Réunion sont vraiment bas. Nous travaillons souvent à perte. Aujourd’hui ce n’est plus acceptable. On veut travailler avec dignité, que le métier retrouve ses lettres de noblesse afin qu’on puisse payer nos salariés dignement et vivre dignement", indique Nudacha Irsapoullé, gérant d’une société de transport.
Près d’une quarantaine de transporteurs ciblent quatre sites stratégiques, dans leur ligne de mire les majeurs du secteur. "Le président de l’UNICEM et de la FRBTP a refusé la communication jeudi dernier en réunion à la Préfecture, il ne voulait pas négocier. Les transporteurs ont considéré cela comme un mépris", explique, Jean-Gaël Rivière, président de la FNTR.
En cause, le non-respect de la charte de bonne conduite signée en juillet dernier. Elle prévoyait une revalorisation de 33% des tarifs, gelée depuis 2011. "On ne peut pas laisser cette profession mourir comme ça. Tout ce qui est vendu à La Réunion est transporté. Le jour où les transporteurs vont dire stop, ce sera le chaos", réagit Michel Allamèle, président de l’interprofessionnelle des routiers réunionnais (IRR).
Les transporteurs assurent ne pas vouloir bloquer les routes, mais préviennent, si le conflit s’éternise, les répercussions pourraient s’aggraver.