Dans la petite chambre qu’elle occupe provisoirement, les sacs s’entassent les uns sur les autres. Tatiana Fontaine, mère de sept enfants, vit une errance sans fin depuis plus d’un an : ballottée de maison en maison, et d’hôtel en hôtel.
« Tous ces sacs-là, je vis comme ça depuis un an. Ça fait longtemps que j’ai fait une demande de logement, avec un dossier à jour. J’ai aussi déposé un dossier d’allocations, il y a un an et un mois. Mais chaque fois que j’appelle le 115 ou le département, c’est occupé. On me dit toujours de chercher quelqu’un pour m’héberger… Ce n’est pas facile », confie-t-elle.
Ce scénario, Tatiana l’a déjà connu en 2022. Mais cette fois, les conséquences sont plus lourdes. Ce mardi, lors d’une audience au tribunal, le jugement est tombé : les enfants seront placés jusqu’à ce qu’elle retrouve un toit. L’un d’eux est aujourd’hui gardé par son père.
« Quand on m’a annoncé ça, c’était pas facile. Hier je ne savais plus où mettre la tête, parce que pour moi, ce n’est pas normal. Mes enfants sont bien soignés, ils ne manquent de rien. Aujourd’hui ils sont obligés de se retrouver dans un foyer ou dans une famille d’accueil, juste pour le manque de logement. »
Depuis plusieurs mois, elle est soutenue par des proches, des citoyens solidaires et des figures politiques locales.Pour cette maman, l’objectif est de trouver un hébergement au plus vite pour récupérer ses enfants.
« J’aimerais que mes enfants restent avec moi, pour moi, c’est un déchirement du cœur, que l’on retire des enfants à leurs parents, surtout que je gère tout toute seule. C’est moi le papa, c’est moi la maman. Je ne les ai jamais abandonnés, j’ai toujours fait le nécessaire pour mes enfants. Peut-être a fait un an que je n’ai pas de logement mais je ne flanche pas. Pour moi, c’est injuste. »
Tatiana n’est pas un cas isolé. D’après les chiffres de la fondation pour le logement, La Réunion comptait près de 3 000 personnes sans domicile en 2024, alors même que plus de 30 000 logements étaient vacants sur l’île en 2020.