Déposer les armes : c’est désormais la règle. À La Réunion, plusieurs couteaux et armes blanches encore vendus librement dans certains commerces ne pourront plus être détenus par les particuliers. Le gouvernement resserre son arsenal juridique : certaines armes deviennent totalement interdites, d’autres font l’objet d’un contrôle renforcé.
Dans la rue, la mesure est plutôt bien accueillie.
« Ça va diminuer le taux de criminalité, ça reste des armes, ça peut tuer », estime un passant. « Il faut savoir utiliser tout ce matériel. Ça ne doit pas être utilisé pour être agressif », ajoute un autre.
Parmi les armes désormais classées en catégorie A, donc strictement prohibées : les couteaux dits “zombie” ou encore certains poings américains. Interdits de vente, interdits de détention. Pour d’autres objets, la règle se durcit : les commerçants devront obtenir une autorisation, déclarer chaque vente et afficher clairement l’interdiction de vente aux mineurs.
« C’est important parce que nous avons souvent des affaires entre mineurs, avec armes blanches. Ça va nous permettre d’enrayer aussi leur circulation. Parmi les armes qui seront interdites, vous avez celles que l’on retrouve dans les affaires de délinquance, les couteaux zombie et les coups de poing américains », explique le colonel Christophe Heurtebise, commandant en second de la gendarmerie de La Réunion.
Poignards, matraques ou étoiles de ninja resteront autorisés, mais uniquement dans les commerces disposant d’une autorisation préfectorale. Quant aux particuliers, ils devront déposer les armes désormais prohibées directement en gendarmerie.
« Le but, c’est de diminuer la circulation des armes blanches sur la voie publique, et notamment d’empêcher leur port par des personnes non autorisées. Les propriétaires qui conserveraient des armes hors cadre légal s’exposent à des peines importantes : 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende » atteste Vincent Bernard-Lafoucrière, directeur de cabinet du préfet de La Réunion.
Les commerçants disposent d’une semaine pour se mettre en conformité. À partir du 7 décembre, des contrôles seront lancés, avec une période de tolérance jusqu’à la fin de l’année. En 2026, un vaste plan de vérification viendra renforcer cette nouvelle politique de contrôle des armes blanches sur l’île.