Après 9 mois de poste en tant que Premier ministre, François Bayrou s’apprête à remettre sa démission ainsi que celle de son gouvernement au Président de La République. Un nouveau Premier ministre sera donc nommé dans les tout prochains jours comme l’a assuré l’Elysée dans un communiqué.
Ce changement de gouvernement à venir et le résultat du vote de confiance fait réagir les politiques à La Réunion :
Huguette Bello, présidente de Pour La Réunion :
L’Assemblée nationale a rejeté, par 194 voix pour et 364 contre, le vote de confiance à l’égard du Premier ministre François Bayrou. Conformément à l’article 50 de la Constitution, il doit remettre sans délai la démission de son gouvernement au Président de la République. Ce rejet clair et massif traduit un constat sans appel : la politique menée par François Bayrou n’a convaincu ni les députés ni les Français.
Son projet de budget, profondément injuste et déséquilibré, aura été la goutte d’eau de trop. Le PLR se félicite du départ de François Bayrou, qui n’aura été qu’un exécutant de la ligne inégalitaire imposée par Emmanuel Macron. Cette orientation politique, qui fait peser les sacrifices sur la majorité des citoyens tout en épargnant les plus fortunés, a montré ses limites. Le PLR réaffirme avec force qu’une autre voie est possible :
● Une véritable justice fiscale, en mettant à contribution les grandes fortunes et les multinationales qui échappent trop souvent à l’impôt ;
● Un soutien renforcé aux services publics, piliers essentiels de l’égalité et de la cohésion sociale ;
- Une amélioration du pouvoir d’achat et un accompagnement réel des familles modestes, premières victimes des politiques actuelles.
En réalité, la dette publique que François Bayrou n’a cessé d’instrumentaliser n’est que la conséquence directe de choix budgétaires et fiscaux injustes, poursuivis de gouvernement en gouvernement. Ce sont ces choix qui ont plongé des millions de Français dans une situation de précarité et de détresse. Enfin, il faut rappeler que cette crise politique trouve son origine dans le déni de démocratie orchestré par Emmanuel Macron depuis les élections législatives de 2024. Refusant d’entendre la volonté populaire, il a persisté dans une stratégie autoritaire et minoritaire. Aujourd’hui, l’Assemblée nationale a tiré les conséquences de cet entêtement. Il est temps, pour la France, d’ouvrir une nouvelle page et de bâtir une politique juste, équitable et réellement démocratique. Cela passera par l’expression de cette colère populaire légitime au travers des actions de mobilisation prévues le 10 septembre.
Olivier HOARAU Président de ANSANM
Crise politique en France Sans surprise, l’Assemblée Nationale n’a pas adopté la politique générale présentée par le Premier Ministre.
En moins de neuf mois, c’est le 2ème gouvernement de droite qui est ainsi renversé. Le Président de La République doit, maintenant, répondre à l’attente du peuple français et changer radicalement de politique. Une seule option s’offre à lui : Nommer un 1er Ministre qui rassemble toutes les forces de gauches. Jamais, nous n’avons été confrontés à une telle situation de crise. La finance ne peut pas être la seule réponse pour relever les défis qui s’imposent à nous. La France et les Réunionnais, plus particulièrement, veulent une feuille de route qui remette la justice sociale et la solidarité fraternelle au cœur de la politique nationale. Que la voix du peuple retrouve sa place dans le débat démocratique, il en va de l’avenir de notre République !
Cyrille Melchior, pour Nouvel R’ :
Ce lundi 8 septembre, la France se retrouve de nouveau confrontée à une situation de fragilité institutionnelle, à la suite du rejet du vote de confiance et de la démission annoncée du Gouvernement.
Cette crise survient dans un climat national déjà instable, marqué par l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale, qui accentue les tensions. Dans ce contexte préoccupant, Nouvel R’ réaffirme son opposition à une dissolution parlementaire, estimant qu’une telle décision ferait peser une menace de plus sur la stabilité économique, sociale et territoriale de notre pays. Dans une telle situation, les collectivités locales, déjà fragilisées, perdraient toute visibilité politique et financière. Retarder le vote du budget 2026, c’est accentuer la pression sur les finances de nos collectivités, avec des répercussions inexorables sur le quotidien des citoyens. Les territoires d’outre-mer, et La Réunion en particulier, ne peuvent pas être condamnés à une double peine. Toute instabilité politique supplémentaire aggraverait la crise actuelle et frapperait de plein fouet les citoyens les plus vulnérables. Une telle incertitude, qui suscite déjà l’inquiétude des investisseurs et des acteurs économiques, ne ferait qu’élargir les fractures existantes et pourrait précipiter un effondrement inédit de notre économie, de nos services publics et de la cohésion sociale. C’est pourquoi Nouvel R’ en appelle à la responsabilité, à l’apaisement et à l’unité. Nous souhaitons que le Président de la République convoque, sans délai, l’ensemble des forces politiques, économiques et sociales de la Nation afin de désigner un Premier ministre de rassemblement, capable d’écouter et de discuter avec les élus, dans le respect de nos principes démocratiques et républicains. Ce choix doit être guidé par un seul objectif : restaurer la confiance, relancer l’action publique, garantir aux Français, et d’autant plus à ceux d’outre-mer, la stabilité indispensable pour affronter les défis à venir. Plus que jamais, la France doit retrouver la sérénité et la cohésion dont elle a besoin. Plus que jamais, la Réunion doit rester debout, confiante et résolument fidèle à ses valeurs de solidarité et d’humanité.
Fédération du Parti Socialiste à La Réunion :
François Bayrou et son gouvernement sont tombés. Leur chute était inévitable : on ne gouverne pas contre son peuple. L’austérité brutale qu’ils ont imposée a frappé les malades, les retraités, les demandeurs d’emploi et les travailleurs modestes, tout en épargnant les plus fortunés. Elle a creusé les inégalités et aggravé la fracture sociale, particulièrement à La Réunion où le coût de la vie pèse lourd sur les familles. Face à l’inflation, chaque hausse de prix devient un sacrifice : se soigner, se nourrir, communiquer. Le pouvoir d’achat est une urgence sociale. La santé doit redevenir prioritaire, avec un hôpital public renforcé et un vrai plan pour la prévention et la santé mentale. Nous défendons aussi des services publics solides : investissement dans l’éducation, soutien aux AESH, moyens renforcés pour les collectivités et les associations. Sur les retraites, notre ligne est claire : départ à 62 ans, reconnaissance de la pénibilité, pension minimale au SMIC net, égalité femmeshommes et adaptation aux réalités réunionnaises. Notre alternative passe par la justice fiscale : taxer les superprofits, lutter contre l’évasion et mettre en place la taxe Zucman. Il est possible de réduire la dette autrement, sans faire payer les plus modestes. La transition écologique sera au cœur de notre action pour créer des emplois locaux et préserver l’environnement. Après deux échecs, à droite puis au centre, l’heure est venue de mettre la gauche à l’épreuve du pouvoir. Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités à Matignon. La cohabitation doit être sociale et écologiste. Le Parlement, sans majorité absolue, doit avancer texte après texte, en bâtissant des majorités utiles au pays et à La Réunion.
Vincent Defaud, Référent Outre-Mer & Réunion de Génération Ecologie, chef de file de L’Étang-Salé Solidaire et Écologique
La chute prévisible du Gouvernement Bayrou a aussi été porté à L’Etang-Salé. En effet, une mobilisation citoyenne s’est déroulée ce lundi 08 septembre devant la mairie de L’Étang-Salé, à partir de 17h et jusque dans la soirée, pour célébrer le départ annoncé de François Bayrou et exiger le respect du vote des élections législatives de 2024 avec la nomination d’un Premier ministre issu du Nouveau Front Populaire (NFP).
Le collectif citoyen "L’Étang-Salé Solidaire et Écologique" a organisé cette action de mobilisation (voir photos jointes) afin de porter un message fort vu au travers de sa banderole "BYE-ROU ! NOUVEAU FRONT POPULAIRE AU POUVOIR" : il est temps que le Président de la République respecte le verdict des urnes, en France, à La Réunion et à L’Étang-Salé puisque les électrices et les électeurs ont voté majoritairement dans nos territoires pour des candidats présentés par le NFP.
Les citoyennes et citoyens engagés de L’Etang-Salé ont exprimé clairement leur exigence : le départ de François Bayrou et son remplacement par un Premier ministre issu des rangs du Nouveau Front Populaire, vainqueur des élections législatives de 2024.
Pour notre collectif, la démocratie ne saurait être un principe à géométrie variable. Les citoyennes et citoyens ont tranché : c’est aux forces de gauche et écologistes, majoritaires dans les urnes, d’assumer aujourd’hui la responsabilité gouvernementale.
Cette mobilisation réussie à L’Étang-Salé, avec sourires approbateurs des passants et des automobilistes, coups de klaxon et autres pouces levés, s’inscrit dans une dynamique nationale et locale de vigilance citoyenne, afin de défendre l’expression démocratique et de donner enfin aux politiques publiques une orientation sociale, solidaire et écologique.
Audrey Belim, sénatrice :
Le Premier ministre avait donné rendez-vous ce 8 septembre aux députés
pour sa démission programmée. Sans suspense, le Gouvernement Bayrou est ce soir démissionnaire.
En effet, aucune surprise dans son discours reprenant les mêmes éléments de langage que François Bayrou égrenait ces 15 derniers jours sur l’ensemble des médias nationaux. Un discours dans la droite ligne de ses prédécesseurs depuis 2017.
Avec comme politique, un soutien inconditionnel aux plus riches et aux
grandes entreprises et un effort supporté par tous les autres, notamment
par les plus fragiles, par les travailleurs, par les petites entreprises, par les demandeurs d’emploi, par les retraités, et comble
de tout, par les malades.
Alors que les 500 familles les plus riches de France ont vu leur fortune
passer de 600 à plus de 1200 milliards d’euros en seulement 8 ans,
personne ne pourrait comprendre que l’on poursuive sur cette voie :
celle qui consiste à effacer l’intérêt général au profit de quelques-uns.
Ce soir, les députés, à l’image des Françaises et des Français, à
l’image des Réunionnaises et des Réunionnais ont dit NON à une politique toujours plus injuste.
Nous avons dit NON à un gouvernement qui continue, sans aucune honte, à détruire les fondements de notre république et notre cohésion sociale.
Nous avons dit NON au mépris des revendications de notre île : nous
voulons des solutions à la vie chère, des solutions sur nos bas salaires
et une considération à la protection de notre population face aux
dangers climatiques.
Il est temps que le Président de la République nomme un gouvernement
issu de la 1ère force politique arrivée en tête lors des dernières
élections législatives, un gouvernement de gauche.