Sorti des geôles du tribunal avec un gros pansement au bras, le jeune père de famille a encore les séquelles de son récent accident de la circulation. Avec un taux d’alcool de 1,23 g/L de sang au moment de son accident, le prévenu n’a pas pu éviter une voiture. Après la collision, le trentenaire a commis un délit de fuite car celui-ci n’avait pas le permis de conduire et également un défaut d’assurance, combiné à sa consommation excessive d’alcool et de drogues. Le trentenaire a ensuite été interpellé au domicile de sa compagne sans difficulté. Lorsque le tribunal lui demande pourquoi il a commis le délit de fuite, il répond simplement : « J’avais peur de retourner en prison, j’étais sous le choc ». Un an plus tôt, le prévenu a également été à l’origine d’un accident routier.
Arrivé à la barre, ses premiers mots sont des excuses. Le père de famille reconnaît l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Il assure à la justice que ces événements ne se reproduiront plus et qu’il a pris conscience. Des mots qui interpellent le tribunal quand on connaît le passif du prévenu. Depuis 2006, il compte près de 30 mentions à son casier judiciaire dont 13 condamnations pour conduite sans permis. Lorsque le tribunal l’interroge sur toutes ses condamnations, il rétorque que depuis 2021, la justice n’entend plus parler de lui et qu’il se tient à carreau.
L’avocat de la partie civile demande au tribunal un dédommagement de 7 000 euros pour les dégâts matériels de la voiture impliquée dans l’accident, 1 000 euros pour les affaires personnelles ainsi que 2 000 euros pour le préjudice moral de sa cliente.
Durant son réquisitoire, le parquet dresse le portrait d’une personne inconsciente au volant. Il explique que le prévenu n’a plus d’excuses, que beaucoup de chances lui ont été données. Il décrit une personne dangereuse lorsqu’il prend la route. « Je ne veux pas attendre qu’il tue quelqu’un », déclare enfin la procureure. À son encontre, elle requiert 18 mois de prison.
L’avocate de l’homme de 35 ans débute sur un ton ironique. Elle explique au tribunal qu’elle a défendu son client lorsqu’il était mineur. Elle demande aux magistrats une certaine clémence. Celui-ci est tranquille depuis plusieurs années. Le conseil déclare que le prévenu a pris du recul et qu’il est à peu près inséré.
Après en avoir délibéré, le tribunal déclare le motard de 35 ans coupable des faits qui lui sont reprochés. Il est condamné à 18 mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de 6 mois. Le prévenu n’a pas été maintenu en détention et quitte libre le tribunal en attendant l’exécution de sa peine, qui pourra être aménagée.