Installé à La Réunion depuis 2013, Alain, l’accusé, enseignait l’aïkido à Petite-Île trois fois par semaine. Une expertise psychiatrique n’a révélé aucune anomalie, mais une évaluation psychologique a mis en évidence un trouble mineur. Selon Me Jean-Jacques Morel, avocat de la défense, la question centrale du dossier repose sur le consentement : « En France, les relations sexuelles entre un majeur et un mineur sont autorisées dès lors que le ou la jeune a plus de 15 ans. On peut dire que ce n’est pas bien, on peut porter un jugement moral, mais on ne peut pas dire que c’est criminel. Ils se voyaient régulièrement. La question est : y avait-il consentement ? »
De son côté, la victime évoque plus d’une centaine de messages reçus entre fin octobre 2022 et début janvier 2023. Elle parle d’un véritable harcèlement, d’un climat pesant et d’un quotidien sous surveillance. Son avocat, Me Guillaume Darrioumerle, rappelle combien ce procès est éprouvant pour la famille :
« Nous avons là un accusé qui est un professeur de 60 ans, expérimenté, qui s’adresse à des jeunes de 16 ans. Tous les parents de La Réunion et de métropole devraient se dire que ce type d’énergumène doit être écarté de l’enseignement. Il ne doit pas continuer à exercer, d’autant qu’il avait déjà commis des faits semblables auparavant. »
Il est condamné à 14 ans de prison. Il avait été requis à son encontre 18 ans de prison ferme.