Didier Robert quitte la cour d’appel sans un mot et sans être jugé. Alors que le procès en appel de Didier Robert devait reprendre sur le fond, cet arpès-midi, une révélation a bouleversé l’audience : une enquête de gendarmerie sur les mêmes faits d’emplois présumés fictifs aurait déjà été menée et classée sans suite il y a plusieurs années.
C’est Maître Rapady, avocat de Vincent Bègue, à l’époque directeur de cabinet de la Région, qui a révélé l’existence de cette procédure parallèle. Une annonce qui a provoqué la stupeur générale dans la salle. « Ce qui est tout à fait baroque, c’est qu’il ne nous a jamais été communiqué l’existence d’une autre enquête sur la même période de prévention. Le tribunal avait relaxé, le ministère public a fait appel et nous voilà de nouveau à parler du même dossier. Coup de théâtre, comme vous avez pu le constater », déclare maître Rapady, avocat de Vincent Bègue.
À la suite de cette révélation, plusieurs avocats ont demandé l’annulation des poursuites, estimant que la justice aurait dû tenir compte de cette première enquête. « La défense considère que c’est un élément qui pourrait faire annuler la procédure. Mais il est vrai que cela pose une difficulté : peut-on juger sans avoir accès à cette première enquête ? », se questionne Me Guillaume Martine, avocat de la Région.
Face à ces nouveaux éléments, la Cour d’appel a tranché : le dossier est renvoyé. Les débats reprendront les 15, 16 et 17 avril prochains, le temps pour la justice d’examiner cette enquête “fantôme”. « La justice n’a pas été raisonnable dans ce dossier. Elle a voulu faire preuve de passion politique et s’est écartée du droit. La cour doit, comme en première instance, prononcer la relaxe », explique Me Philippe Creissen, avocat de Didier Robert.
Les avocats attendent désormais la communication complète des nouvelles pièces du dossier. Un rebondissement majeur, qui pourrait encore repousser la fin de cette affaire.