Des rideaux en fer baissés qui ne se lèveront plus avant cette période. Ouvert depuis plus d’un an, ce commerce était déjà bien apprécié des Portois. Surprise et incompréhension chez les passants et les habitués : « Je n’ai jamais entendu ça ici. Cette histoire me paraît louche. » / « Il n’y a jamais eu de dispute ou autre ici. Au contraire, le propriétaire aide les autres ; il dépanne parfois des gens qui n’ont pas grand-chose. »
L’établissement « Maly PMU », contraint de fermer ses portes par un arrêté préfectoral, serait mis en cause dans une affaire de trafic de stupéfiants. Le propriétaire estime qu’il s’agit d’une mauvaise interprétation de l’affaire. Selon sa version, un homme serait venu valider deux gains de paris sportifs. Un employé aurait alors contrôlé et scanné les tickets, sa carte d’identité et son RIB avant de les transmettre à la FDJ. Les autorités auraient ensuite arrêté cet individu, impliqué dans un trafic de stupéfiants, puis les investigations les auraient menées jusqu’au PMU.
La préfecture s’appuie sur une nouvelle loi de lutte contre le trafic de stupéfiants, en accord avec sa stratégie affichée : « Priorité absolue du préfet de La Réunion, la lutte contre les narcotrafics et les phénomènes de bandes fait l’objet d’une vigilance constante de la part des forces de sécurité intérieure, qui œuvrent chaque jour pour garantir la quiétude des Réunionnais. »
Ce travail administratif mené par les services de l’État se conjugue avec les investigations policières et judiciaires : « La loi contre le narcotrafic de juin 2025 apporte de nouveaux outils utiles à la résolution des enquêtes et à la traque des personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants ou le blanchiment d’argent », explique Stéphane Patché, délégué départemental du syndicat Alliance Police.
En septembre dernier, un autre PMU avait déjà fait l’objet d’une fermeture similaire pour soupçon d’implication dans un trafic de drogues. L’arrêté avait été suspendu par la justice un mois plus tard faute de preuves. Pour le PMU du Port, le propriétaire annonce qu’il saisira le tribunal administratif.