Des classes désorganisées en primaire
Les parents d’élèves, inquiets, redoutent une année scolaire chaotique. Ils pointent une situation qu’ils jugent plus grave encore que celle de l’année précédente. À l’école Malala Yousafzai d’Aubervilliers, plusieurs classes sont restées sans enseignant pendant près de deux semaines. Les élèves ont été répartis dans d’autres classes, provoquant des effectifs surchargés. « Les enfants étaient simplement gardés », déplore Élodie Chaudière, représentante des parents d’élèves, sur le récit de BFMTV. Malgré le retour annoncé de tous les professeurs, les parents exigent des solutions durables afin de stabiliser l’équipe pédagogique et d’éviter de nouvelles interruptions de cours dans les prochains mois.
Une pénurie qui touche aussi les collèges et lycées
La FCPE et le Snes-FSU alertent sur des équipes incomplètes dans 70 % des collèges et lycées. « On ne peut pas s’habituer au manque d’enseignants dès la rentrée », dénonce Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Certains établissements, comme le collège Pierre Mendès France à Paris, cumulent trois absences non remplacées. Le ministère assure pourtant que 99,9 % des postes sont pourvus dans le premier degré, mais les syndicats contestent ce chiffre jugé trompeur.
Des heures de cours perdues en masse
Le compteur Ouyapacours de la FCPE enregistre déjà plus de 3 700 heures de cours manquées. « L’année à venir s’annonce pire que l’année dernière », prévient Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE. En moyenne, 15,6 millions d’heures sont perdues chaque année dans le second degré. Le manque de remplaçants, conséquence d’un vivier épuisé, aggrave cette situation. « La réserve est à sec », souligne Sylvie Perron, du Sgen-CFDT, qui parle d’une situation « jamais vue » depuis plusieurs années.
Une perte d’attractivité du métier
Le métier d’enseignant attire de moins en moins. Pour preuve, plus de 2 000 postes sont restés vacants aux concours cette année. Les académies recrutent donc massivement des contractuels peu formés, surtout dans les zones tendues comme Créteil ou Versailles. Pourtant, ces renforts précaires inquiètent. « On glisse vers un système où un adulte remplace un enseignant », alerte Grégoire Ensel. Selon lui, apprendre, évaluer et accompagner les élèves exige une formation complète, sans laquelle la qualité de l’enseignement se dégrade.
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