Le pélican brun, emblème menacé
Autrefois présent en grand nombre au Gosier, le pélican brun ne niche plus dans l’archipel. "On ne voit plus les pélicans bruns qu’en vol", regrette Béatrice Ibéné, présidente de l’Association pour la sauvegarde de la faune des Antilles. L’espèce a donné son nom à la commune littorale, "Gwan Gosyé" en créole.
Jusqu’en 2020, la plus grande colonie des Petites Antilles prospérait encore. La population avait pourtant souffert des chasses historiques au XVIIIe et XIXe siècles. Puis, les pesticides comme le DDT ont freiné leur reprise. Une amélioration a été observée dans les années 1990, avec plus de 100 couples nichant sur les falaises. Mais la pression humaine a rapidement entraîné un nouveau déclin.
Pression humaine et perte d’habitat
Les riverains ont chassé les oiseaux et abattu leurs arbres pour réduire les nuisances. Certains individus ont même été retrouvés pendus, a indiqué Mme Ibéné. Aujourd’hui, une petite colonie subsiste aux Saintes, mais la majorité des pélicans a quitté le territoire. "L’oiseau était protégé, mais pas son habitat", a rappelé l’écologiste.
Un phénomène global amplifié par le climat
La perte d’habitat et le changement climatique affectent de nombreuses espèces. Une étude parue dans Nature Ecology & Evolution montre que les chaleurs extrêmes tropicales ont réduit de 25 à 38 % les populations d’oiseaux entre 1950 et 2020.
En Guadeloupe, sur 295 espèces recensées, 18 % sont menacées, selon l’agence guadeloupéenne de la biodiversité. Même les oiseaux communs connaissent des reculs de 20 à 40 %. Parmi eux, le colibri sucrier à ventre jaune et la paruline jaune pâtissent de la déforestation, de la disparition des insectes et de la prédation par les chats.
Source : Lefigaro.fr