En visite dans la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne, le président de la République y dépeint la formule qui remplacera le service national universel "dès l’été 2026". 3000 jeunes volontaires de 18 à 19 ans seront concernés pour une durée de 10 mois. Pendant 1 mois, ils auront une formation initiale avant d’être affectés, pour 9 mois, dans une unité militaire où ils rempliront les mêmes missions que les professionnels mais uniquement sur le territoire national.
Le SNU, l’une des promesses du candidat Emmanuel Macron en 2017, était destiné aux 15–17 ans. Il n’a jamais pu être généralisé faute de budget. Mais la guerre en Ukraine et les tensions croissantes sur les frontières orientales de l’Union européenne ont poussé le chef de l’Etat à revoir sa copie. Emmanuel Macron désire « permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs ».
Avec cette formule, Le Président de La République espère construire une réserve de 100 000 personnes formées aux métiers des armes d’ici 2030 contre environ 45 000 aujourd’hui. Cette masse, viendrait en soutien des 200 000 hommes et femmes de l’armée de métier actuellement en exercice.
En tout état de cause, le nouveau service militaire volontaire ne serait pas un retour à la conscription supprimé en France en 1997. Le service militaire obligatoire universel n’est toujours pas d’actualité en France pour l’instant. Le Chef de l’Etat précise : "rétablir le service militaire obligatoire universel est une idée portée par ceux qui méconnaissent la réalité de ceux que sont nos armées aujourd’hui et des missions qui leur sont confiées. Nos armées, n’ont plus vocation à encadrer, ni à accueillir la totalité d’une casse d’âge. Ce qui représente entre 600 000 et 800 000 jeunes. Surtout, un tel modèle de conscription obligatoire et universelle ne correspond pas aux besoins de nos armées, ni aux menaces".
Comme le martèle le Président, "Nous avons besoin de mobilisation. Mobilisation de la nation pour se défendre. Pas contre tel ou tel ennemi. Mais pour se tenir prête et être respectée".
Ce service poursuit trois objectifs :
- Renforcer le pacte noué entre la nation et l’armée ;
Renforcer la capacité de résistance de notre nation ;
Consolider la formation des jeunes.
L’accélération des crises, le durcissement des menaces a conduit le président à proposer, aujourd’hui, "un service national purement militaire qui sans être universel, peut engager toute une génération. Je porte aujourd’hui un projet pensé dans la grande tradition française de l’engagement quand il s’agit de défendre le pays que nous sommes. N’oublions jamais que chaque fois que l’histoire l’a exigé la jeunesse de France s’est engagée et mobilisée. Fidèle en cela à cette chaîne des temps des volontaires de l’an II jusqu’aux maquisards des Glières et du Vercors."
Le président de la République précise que le service national ne concernera que "les jeunes Français majeurs qui auront exprimé leur volontariat lors de la journée de défense et citoyenneté qui deviendra journée de mobilisation... En se recentrant sur les fondamentaux. Les jeunes de 18 à 19 ans".
Ainsi, en cas de crise majeure, le Parlement pourra autoriser de faire appel au-delà des seuls volontaires à ceux dont les compétences auront été repérées durant cette journée de mobilisation et alors le service national deviendrait obligatoire."
Dépôt des candidatures mi 2026
Les volontaires seront sélectionnés par les armées qui choisiront parmi eux les plus motivés et ceux qui répondent le mieux à leurs besoins. Ils serviront sous statut militaire, seront dotés d’un uniforme, d’une solde, d’un équipement. Le service national s’effectuera au sein des armées et sera piloté par le seul ministère des Armées. Si le service national commencera dès 2026, les jeunes pourront exprimer le souhait, en 2027, d’effectuer leur service national au sein de la gendarmerie nationale, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon des marins-pompiers de Marseille qui sont également sous statut militaire.
Le président conclut qu’après leur service national, "les jeunes pourront poursuivre leurs études ou se lancer dans la vie professionnelle civile tout en intégrant la réserve opérationnelle. Ils seront accompagnés par les armées s’ils recherchent un emploi. Pour ceux qui le souhaitent, ils pourront rejoindre l’armée d’active en s’engageant."
Un nouveau Service national.https://t.co/OTUOnPB4Eb
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) November 27, 2025