Ce mercredi à 15h, dans l’hémicycle du Sénat, le Premier ministre a pris la parole devant les sénateurs pour tracer la feuille de route de son gouvernement. Il a tenté de renouer les fils d’un dialogue institutionnel mis à mal ces dernières semaines.
"Il y a des crises, et il y a le rebond. De la division naît le débat, du débat naît le compromis. Le temps du compromis est indispensable, car la France a besoin de stabilité." a-t-il affirmé dès de le début de son discours général.
Urgence : "Donner un budget sérieux et fiable à la France avant la fin de l’année."
La première priorité affichée est celle de remettre de l’ordre dans les finances publiques en présentant un budget de l’Etat et de la sécurité sociale dans les délais constitutionnels.
"L’urgence est de donner un budget sérieux et fiable à la France avant la fin de l’année. (...) Ce projet de budget repose sur un principe simple : une maîtrise des dépenses pour ramener la dette publique sous les 5% du PIB" a expliqué le chef du gouvernement.
Vers plus de décentralisation
Une autre ambition majeure affichée est celle de la décentralisation. « Il n’y aura pas de débat sur le rôle des collectivités sans parler du rôle de l’État », a-t-il précisé, annonçant un projet de loi sur ce sujet avant les prochaines élections municipales.
Il souhaite revoir l’organisation centrale de l’État, en désignant, notamment, un responsable unique par politique publique : « soit un ministre, soit un préfet, soit un élu. »
En matière de santé : "la fin du statuo-quo"
La santé constitue la troisième priorité. Face à la montée des déserts médicaux et des inégalités territoriales, le gouvernement promet des mesures pour améliorer l’accès aux soins. Il s’est engagé à ce qu’aucun hôpital ne ferme en 2026. Cependant, il se montre vigilent sur la question de la gouvernance des établissements : « Le statu quo et le silence ne sont plus possibles. Il faudra être réformateur en respectant les hommes et les femmes qui rendent ce beau service public. »
Écologie, ruralité, sécurité : les autres axes d’action
Le Premier ministre a également détaillé une série de priorités complémentaires : une planification écologique à revoir, une meilleure gestion de l’eau, une nouvelle confiance accordée aux acteurs ruraux, et un renforcement de la justice et de la sécurité du quotidien. « La République est forte quand elle est juste », a-t-il insisté.
Les dossiers ultra-marins
Concernant les territoires ultra-marins, plusieurs annonces ont été faites : reconstruction de Mayotte après le passage du cyclone Chido, loi contre la vie chère dans les territoires d’Outre-mer, un projet constitutionnel pour la Nouvelle-Calédonie, et une réforme institutionnelle à venir. "Nos compatriotes dans les trois océans attendent que les prix baissent" a-t-il ajouté concernant la problématique de la vie chère dans les territoires d’Outre-mer.
À propos de la Corse, le gouvernement affirme le dépôt d’un projet de loi au Conseil des ministres pour régler la situation au plus vite.
Suspention de la réforme des retraites
Enfin, pour cloturer ce discours, le gouvernement propose de suspendre la réforme des retraites de 2023. « Suspendre la réforme n’a d’intérêt que pour avancer. La gestion de notre système de retraite devra être réinterrogée, toutes les options devront être étudiées. »