Des aveux glaçants
Julien Palisca, vêtu d’un gilet rayé gris et jaune, est arrivé au Palais de Justice Monclar à Marseille. Devant la cour criminelle départementale d’Aix-en-Provence, cet ancien policier de 46 ans a reconnu sa culpabilité dans le viol de deux enfants des rues à Manille. Ces aveux marquent un tournant dans cette affaire qui avait débuté par une enquête pour corruption de mineurs. Dès la première audience, experts, enquêteurs et témoins dressent le portrait d’un homme manipulateur, menteur et déterminé à brouiller les pistes autour de sa véritable personnalité.
Un profil manipulateur confirmé
D’après Le Parisien, les explications données par l’accusé changent constamment au cours des investigations. Le psychiatre Philippe Raymondet parle de récits fluctuants, d’une capacité à inventer des histoires et à abuser de la crédulité. Sa sœur décrit déjà à l’adolescence une habitude à créer des récits imaginaires. Sa mère, en pleurs, dément plusieurs affirmations répétées par son fils. Elle n’a jamais divorcé, contrairement à ses dires, et il n’a jamais été enfant de chœur. Selon un enquêteur, cette opacité entretenue a longtemps protégé son image sociale, au détriment d’une vérité qui n’émerge que devant les juges.
Des découvertes accablantes
L’enquête révèle des éléments accablants lors d’une perquisition menée avec son accord. Les policiers découvrent des milliers de fichiers pédopornographiques ainsi que des écrits détaillant des viols commis aux Philippines. Une enquêtrice de l’Inspection générale de la police nationale décrit un homme d’une sérénité déconcertante face à ces preuves. Cette attitude contraste avec le profil habituel des pédocriminels, qui minimisent souvent les faits. À la barre, un enquêteur de l’Office central pour la répression des violences aux personnes parle d’un prédateur utilisant ses fonctions pour approcher des mineurs vulnérables et satisfaire ses pulsions.
Les témoignages décisifs attendus
Julien Palisca reste silencieux face aux preuves présentées à l’audience. Alors que les images et les écrits retrouvés à son domicile sont projetés, il détourne le regard. Deux frères philippins témoigneront mercredi depuis la prison pour l’aîné et l’ambassade de France pour le cadet. Ils affirment avoir rencontré l’accusé à Manille en 2018. Selon eux, il avait payé des relations sexuelles pour quelques dizaines d’euros. Leur avocate, Me Julie Bolo-Jolly, souhaite un huis clos pour protéger ces victimes encore marquées. Ces déclarations devraient peser lourd dans le jugement attendu.
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