Un contretemps aux lourdes conséquences
La Fédération française de boxe a annoncé que l’équipe féminine ne participera pas aux Mondiaux de World Boxing en septembre. Les résultats des tests de féminité, exigés par la nouvelle fédération internationale, n’ont pas été communiqués dans les délais. Ces examens, interdits en France, sauf dérogation, ont été réalisés au Royaume-Uni à l’approche du tournoi. Malgré l’accord du laboratoire recommandé par World Boxing, les résultats ne sont pas arrivés à temps. En conséquence, cinq athlètes françaises, à savoir Romane Moulai (-48 kg), Wassila Lkhadiri (-51 kg), Melissa Bounoua (-54 kg), Sthélyne Grosy (-57 kg) et Maëlys Richol (-65 kg), sont exclues, comme d’autres sportives étrangères. « C’est avec stupéfaction et indignation que le staff de l’équipe de France a appris, ce mercredi soir, que les boxeuses françaises ne pourraient pas participer aux premiers championnats du monde organisés par World Boxing », a écrit l’instance dans un communiqué relayé par 20 Minutes.
Une polémique qui ravive les tensions
Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu sur la question de la féminité en boxe. Un an après l’éviction de deux boxeuses aux JO de Paris, World Boxing a imposé de nouveaux critères médicaux. En mai, l’instance a rendu ces tests obligatoires, suscitant incompréhension et critiques. La Fédération française assure avoir tout mis en œuvre pour se conformer aux règles. Elle affirme que le laboratoire agréé n’a pas respecté les délais convenus. L’organisation pointe donc un dysfonctionnement indépendant de sa volonté, bien que le préjudice sportif soit considérable. Les espoirs des Bleues s’effondrent à cause d’un dossier mal géré.
La colère des athlètes et des figures du sport
L’annonce a provoqué une vague d’indignation. L’ancienne championne olympique Estelle Mossely accuse la Fédération de grave négligence et de « faute professionnelle ». Elle exprime sa solidarité envers les boxeuses privées de compétition. De son côté, Maëlys Richol, exclue du tournoi, dénonce une gestion catastrophique. Elle évoque une année de travail ruinée pour des raisons purement administratives. Les mots reviennent à savoir colère, frustration, déception. L’épisode met en lumière la fragilité du soutien institutionnel dans le sport féminin. Il interroge également sur la légitimité de pratiques médicales encore très contestées dans de nombreux pays.
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