L’accès à ce bien vital devient un véritable défi, forçant la population à affronter de longues files d’attente devant les bornes-fontaines pour s’approvisionner.
Une lutte quotidienne pour l’accès à l’eau
Dans de nombreux quartiers d’Antananarivo, les fontaines publiques sont devenues des lieux de rassemblement où la patience est la seule monnaie d’échange. Les bidons jaunes s’entassent, et les habitants attendent des heures pour remplir quelques récipients. À Mananjara, par exemple, les secteurs I et III sont régulièrement privés d’eau en raison des coupures d’électricité. Les habitants se rabattent alors sur la borne du secteur II, provoquant un encombrement constant. Yvette Razafiarivao, secrétaire du fokontany de Mananjara, raconte sur Lexpress.mg qu’il faut patienter de « 8 h à 11 h du matin » pour espérer obtenir de l’eau. Même les sources alternatives s’épuisent. Un résident d’Ampitatafika confie que les citernes ne suffisent plus à satisfaire la demande.
Cette pénurie touche plus sévèrement les quartiers périphériques comme Ampitatafika et Itaosy, mais aussi des zones en altitude, telles que Faravohitra et Fort Voyron. Un habitant d’Itaosy témoigne que les robinets sont secs depuis plus d’une semaine. L’eau ne coulait auparavant que de 1 h à 3 h du matin. Pour survivre, certains achètent de l’eau auprès de voisins disposant de puits. Le prix atteint désormais 500 ariary pour un bidon de vingt litres.
Sources alternatives sous pression
Même les puits et citernes, autrefois solutions de secours, montrent leurs limites. À Ampitatafika, les files s’allongent devant les citernes. Mais l’attente n’offre aucune garantie. Beaucoup rentrent chez eux sans une goutte, après plusieurs heures perdues. Certains profitent de la situation : ils alignent plusieurs bidons, se procurent plus que nécessaire, puis revendent l’eau à 600 ariary l’unité.
Dans certaines communes, comme Ambohijafy Bemasoandro, les camions-citernes censés approvisionner les familles n’ont pas circulé depuis trois jours, accentuant la frustration.
Conséquences sur la vie quotidienne
Face à cette rareté, les ménages sont contraints de rationner. Douda Razafimandimby, habitant d’Itaosy, explique que sa famille se limite à quatre bidons achetés, réservés à la cuisine et à la toilette. La lessive se fait désormais par petites quantités. Cette gestion drastique de l’eau bouleverse les habitudes et accentue le stress.
Au-delà des privations, la situation crée une inquiétude générale. Les habitants redoutent que la saison sèche aggrave encore la pénurie d’eau, déjà insupportable. Sans solutions rapides, le quotidien de la population risque de se dégrader davantage dans les semaines à venir.