Malgré l’interdiction préfectorale, plusieurs milliers d’habitants ont tenté de se rassembler sur la place d’Ambohijatovo. Le dispositif policier a bloqué l’accès et dispersé les cortèges à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Selon RFI, au moins cinq personnes sont mortes, toutes atteintes par des balles de type AK47. Plusieurs blessés ont également été recensés.
La colère des manifestants s’explique par des délestages quotidiens pouvant durer plusieurs heures, rendant la vie quotidienne intenable. Les habitants dénoncent l’absence de solutions claires et la communication limitée des autorités.
L’ambassade de France à Madagascar a également communiqué et recommande de "se tenir à l’écart de tout rassemblement et de se tenir informé. Concernant en particulier Tananarive et Antsirabe, où la situation demeure volatile, il est fortement conseillé de rester à domicile et d’éviter tout déplacement la journée de vendredi 26 septembre."
Escalade nocturne : pillages et incendies
À la tombée de la nuit, la tension a dégénéré en scènes de chaos. Supermarchés, centres commerciaux et banques ont été pris pour cibles par des pillards, profitant du retrait des forces de l’ordre. Plusieurs départs d’incendie ont été signalés et largement relayés sur les réseaux sociaux.
Face à la situation, le préfet de la capitale a décrété un couvre-feu jusqu’à 5h du matin. Dans le même temps, un vol Air France a été dérouté vers La Réunion, l’aéroport d’Ivato étant encerclé par des émeutiers. Ce vendredi matin, la préfecture confirme le déroutement vers La Réunion d’un vol en provenance de Paris et à destination de Madagascar, arrivé cette nuit vers 23 heures. En revanche, la préfecture ne confirme pas la présence à son bord d’autorités malgaches et notamment le président Rajoelina.