À Tananarive, le vent de la révolte souffle plus fort que jamais. Tout est parti d’un appel samedi matin au camp militaire du Capsat, le centre névralgique de l’armée Malgache. Des soldats ont dénoncé le pouvoir en place et appelé à rejoindre les manifestants. La Gen Z déjà mobilisée depuis des semaines s’est rassemblée ce week-end. Cette fois, les militaires étaient à leurs côtés. « Ce que l’on voit en tout cas c’est que l’armée ne s’affirme pas du tout comme voulant prendre le pouvoir, mais plutôt pour protéger le peuple et refuser la répression. L’armée reste un élément très important dans la dynamique du mouvement », détaille Christiane Rafidinarivo, politologue et chercheuse associée au CEVIPOF Sciences Po.
Depuis, le président Andry Rajoelina n’a fait aucune apparition publique. La présidence parle d’une tentative de prise de pouvoir illégale. Dans un second communiqué hier soir, il fait état de menaces explicites à l’encontre du chef de l’État. Un président qui semble plus isolé que jamais. Son ancien premier ministre et un homme d’affaires auraient déjà quitté le pays pour l’île Maurice, samedi soir. « Les manifestations ne sont pas encore terminées vu qu’il est toujours notre président sur le papier. Dans le coeur du peuple il ne n’est plus. Les manifestations se poursuivront jusqu’à qu’il ne soit plus là », explique Mirindrasoa Heriniaina Rakotodravelo, porte parole de la Gen Z
La rue maintient la pression tandis que le pouvoir reste invisible. Toujours selon le porte parole de la Gen Z. Le peuple Malgache souhaite organiser une concertation à l’échelle nationale pour une modification, au plus vite, de la Constitution.