Un parcours marqué par la violence
Raanti A., 27 ans, réfugiée comorienne en France, accuse une dizaine d’hommes de sévices répétés entre 2018 et 2022. Ses plaintes, déposées en juin en France et aux Comores, visent notamment Anfani Hamada Bacar, actuel ministre de la Justice, ainsi qu’un haut fonctionnaire influent. Selon Le Monde et RFI, elle dénonce viols, agressions, séquestration, avortements imposés et pressions psychologiques. Native de la Grande Comore, la jeune femme aurait vu son existence basculer lorsqu’elle sollicite de l’aide financière auprès d’un cousin de son père défunt. Cet homme, aujourd’hui haut cadre de l’État, devient selon elle son premier agresseur, avant d’organiser un réseau de violences sexuelles. À plusieurs reprises, elle aurait été contrainte à des interruptions de grossesse illégales.
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Fuite, pressions et combat judiciaire
Après des années de silence, Raanti A. s’installe en France en 2022, bénéficiant du statut de réfugiée. Mais selon son récit, l’homme qu’elle accuse l’aurait traquée jusque sur le territoire français, usant de son passeport diplomatique pour échapper aux interventions policières. Les plaintes déposées en France et aux Comores lui valent aujourd’hui intimidations, menaces et tentatives de corruption visant aussi sa famille restée sur l’archipel. Deux expertises médicales, consultées par RFI, concluent à un état de stress post-traumatique compatible avec ses déclarations. Elle espère désormais que l’instruction ouverte en France avancera plus vite qu’aux Comores, où la justice est accusée de partialité.
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