Une absence passée inaperçue
Cette professeure du lycée professionnel Berufskolleg de Wesel, en Allemagne, a cessé d’enseigner en 2009 après un diagnostic de maladie chronique et de troubles psychologiques. Elle avait rejoint l’établissement en 2003, peu après avoir terminé sa formation en biologie et géographie. Depuis son arrêt initial, elle a transmis des certificats médicaux chaque mois, sans jamais reprendre les cours. En 2015, un nouveau directeur est arrivé et ignorait son existence. L’affaire n’a éclaté qu’au printemps 2024, lors d’un audit interne lié à un changement de direction dans l’établissement scolaire.
Des sommes colossales versées
Selon le quotidien Bild, cette absence a coûté entre 5051 et 6174 euros par mois à l’établissement. Sur seize ans, le montant total dépasserait un million d’euros. L’enseignante mènerait une vie confortable et posséderait deux appartements situés à Duisbourg, d’après plusieurs médias allemands. Durant toutes ces années, personne n’a signalé son absence, ce qui interroge sur le contrôle des ressources humaines. « J’ai beaucoup de questions, car je n’ai jamais été confrontée à un cas comme celui-ci auparavant », a confié la ministre de l’Éducation de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Dorothee Feller sur le récit d’Ouest France.
Une bataille judiciaire en cours
Après la révélation de l’affaire, l’inspection scolaire a exigé une expertise médicale indépendante, rapporte Le Figaro. L’enseignante et son avocat ont tenté de bloquer cette décision devant le tribunal administratif, sans succès. Ils ont également poursuivi leur employeur, la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, mais leurs recours ont été rejetés. La visite médicale aura donc bien lieu pour déterminer son aptitude actuelle. Cette étape est cruciale, car elle conditionnera le maintien de sa rémunération. En attendant, elle continue de recevoir son salaire complet malgré l’indignation de l’opinion publique et la pression médiatique croissante.
Une issue encore incertaine
D’après Munich Eye, même en cas d’inaptitude confirmée, un remboursement paraît improbable faute de preuves suffisantes. L’affaire reste donc floue et pourrait se prolonger plusieurs mois. La ministre de l’Éducation Dorothee Feller a réclamé une enquête complète. Les médias ont aussi révélé qu’un cabinet de naturopathie en ligne porte le même nom que l’enseignante, ce qui pourrait compliquer davantage l’enquête en cas d’activité professionnelle parallèle.
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