Des surtaxes massives sur les produits pharmaceutiques et le mobilier
Parmi les mesures phares, une surtaxe de 100 % frappera les médicaments de marque et brevetés. Les meubles de cuisine et de salle de bain seront taxés à 50 %, les sièges rembourrés à 30 % et les poids lourds à 25 %. Ces dispositions entreront en vigueur le 1er octobre. Selon Donald Trump, les laboratoires pourront échapper à ces mesures uniquement s’ils construisent leurs usines aux États-Unis.
Vives critiques en Europe et en Australie
La Fédération européenne des industries pharmaceutiques (Efpia) a regretté ces mesures jugées néfastes pour les patients. Nathalie Moll, sa directrice générale, considère que ces droits de douane « augmenteraient les coûts, perturberaient les chaînes d’approvisionnement et limiteraient l’accès aux traitements vitaux ». Elle appelle à poursuivre le dialogue entre Bruxelles et Washington afin de trouver des solutions qui ne pénalisent pas les malades. L’Australie, qui a exporté pour 1,35 milliard de dollars de médicaments vers les États-Unis en 2024, a également réagi avec fermeté. Son ministre de la Santé, Mark Butler, a averti que les consommateurs américains seraient les premiers touchés par la hausse des prix.
Un geste en faveur des constructeurs américains
Donald Trump a également confirmé une taxe de 25 % sur tous les camions produits hors du territoire américain. Il a justifié cette mesure par des arguments de sécurité nationale. Les groupes locaux comme Peterbilt, Kenworth, Freightliner ou Mack Trucks devraient bénéficier de ce protectionnisme. En revanche, les concurrents étrangers, notamment Volvo et Daimler, ont déjà vu leurs actions chuter après l’annonce. Cette décision s’inscrit dans la stratégie de relance industrielle menée par la Maison-Blanche depuis plusieurs mois.
Un risque d’inflation accru aux États-Unis
Le secteur du mobilier est également visé, alors que 60 % des produits vendus aux États-Unis proviennent de l’étranger, principalement d’Asie. Les importations couvrent 86 % des meubles en bois et 42 % des sièges rembourrés. Les enseignes Wayfair et Williams Sonoma, dépendantes de ces approvisionnements, ont vu leur valeur boursière reculer.
Pour de nombreux économistes, ces décisions accentuent le risque inflationniste dans la première économie mondiale. Déjà au printemps, l’administration avait instauré un droit de douane de base de 10 %, assorti de taux plus élevés pour certains partenaires comme le Canada, le Mexique, l’Union européenne et la Chine.