Quarante ans de pertes
La forêt amazonienne se rapproche dangereusement d’un seuil irréversible de destruction lié à la déforestation. Au-delà de ce point critique, cet écosystème unique pourrait cesser d’exister, avertit un rapport rendu public lundi 15 septembre. Le rapport paraît à quelques semaines de la COP30, organisée en novembre à Belém, au Brésil, et consacrée aux enjeux climatiques mondiaux.
Selon les données compilées par l’institut Mapbiomas, l’Amazonie brésilienne a perdu près de 50 millions d’hectares en 40 ans. Cela représente plus que la superficie du Cameroun. Les chercheurs estiment qu’environ 20 % de la forêt a disparu depuis le début des relevés.
Le risque de "savanisation"
Ce niveau de destruction rapproche la région du seuil de "non-retour." Au-delà, le cycle des pluies serait bouleversé et une grande partie de l’Amazonie se transformerait en savane. Les conséquences seraient graves : perte de biodiversité, impact culturel pour les populations autochtones et aggravation de la crise climatique mondiale.
Un rôle de puits carbone en danger
Autrefois considéré comme un poumon de la planète, l’écosystème amazonien émet désormais plus de gaz à effet de serre qu’il n’en absorbe. Même si le rythme de déforestation a ralenti depuis le retour au pouvoir de Lula, la perte de forêt continue et compromet les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique.
Cette situation fera partie des sujets prioritaires de la prochaine COP30, qui se tiendra pour la première fois en Amazonie. Le Brésil prévoit d’y annoncer un fonds international pour la protection des forêts tropicales, doté de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Source : Rfi.fr