Retour sur la scène internationale
La question des îles Éparses revient officiellement lors de la 80ᵉ session de l’ONU. Les îles Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India sont réintroduites dans le débat onusien. Leur inscription au 60ᵉ point de l’ordre du jour reflète une volonté politique forte. La session s’ouvre à New York, dans le cadre du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le document officiel, publié en juillet, confirme la place de ce dossier dans les discussions. Madagascar y voit une opportunité historique de relancer sa revendication territoriale, restée active malgré des décennies de silence diplomatique et de réticences françaises.
Un dossier ancien
Depuis novembre 1979, la diplomatie malgache réclame l’inclusion des îles Éparses dans les débats de l’Assemblée générale. L’ambassadeur Blaise Rabetafika avait porté la voix de Madagascar lors de la 34ᵉ session, rapporte le journal Midi Madagasikara. Depuis, la revendication n’a jamais disparu. Elle réapparaît régulièrement, parfois ignorée, parfois confrontée à des blocages. En juin dernier, aucune documentation préliminaire n’était prévue. Pourtant, l’officialisation en juillet a donné un poids inédit à cette inscription. Madagascar voit dans ce tournant un signe encourageant pour replacer la question au centre des échanges multilatéraux.
Dialogue fragile
Les divergences demeurent profondes. Madagascar exige la restitution de ces îles, intégrées selon elle à son territoire. La France refuse catégoriquement, invoquant une souveraineté héritée de la période coloniale. En avril, Emmanuel Macron a confirmé l’absence de perspective de restitution, tout en évoquant une cogestion éventuelle. Les discussions du 30 juin à Paris ont montré une volonté commune d’apaisement. Madagascar a demandé un gel des initiatives unilatérales et proposé une feuille de route partagée. Paris, de son côté, a accepté d’examiner ce mécanisme, sans toutefois céder sur la question centrale.
Une portée géopolitique majeure
L’inscription du dossier dans le cadre du maintien de la paix souligne ses implications stratégiques. Elle met en avant les enjeux liés aux ressources maritimes et énergétiques de l’océan Indien. Ce différend dépasse ainsi la dimension territoriale. Il interroge la capacité de l’ONU à résoudre pacifiquement les litiges coloniaux. Madagascar cherche à replacer sa revendication historique au cœur du débat international. La France, elle, défend sa position en se présentant comme garante de la stabilité régionale. Derrière ces postures, une question simple demeure : à qui appartiennent réellement les îles Éparses ?